‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 772 sur 975 · LIVRE XXXI, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI, CHAPITRE I

aés à Louif le DâMonaire, dont les uns avaient été sera» et les antres étaient d'une natkm barbare. HâM>n état des premiers, et non pas des seconds. D'ailleiirs Je ne sais eommait on peut dire qu'un serf tel qu'HâMin aurait été Saxon ou Germain : un •erf n'a point de fauniUe » ni par conséquent de natioD. Louis le Débonnaire afCrancbit Hébon; et, oomme les sarii affiranobis prenaient la loi de leur mattre, Hébon devint Franc, et non pas Saxon ou Gennain.

Je viens d'attaquer; il &ut que je me défende. Oq me dira que le corps des antrustions formait bico dans l'ÉUt un ordre distingué de celui des hommes libres; mais que, oomme les fie£s furent d'ab^urd amovibles, et ensuite à vie, cela ne pouvait pas former une noblesse d'origine , puisque les prérogatives n'étaient point attachées à un fief héréditaire. Cest cette objection qui a sans doute feût penser à M. de Valois qu'il n'y avait qu'un seul ordre de citoyens diez les Francs : sentiment que M. rabbéDubos apris de lui, et qu'il a absolument gâté à force de mauvaises preuves. Quoi qu'il en soit, ce n'est point M. Fabbé Dubos qui aurait pu ùhre cette objection : car, ayant donné trois ordres de noblesse romaine, et la qualité de convive du roi pour le premier, il n'aurait pas pu dire que ce titre marquât plus une noblesse d'origine que celui d'antrustion. Mais il faut une réponse directe. Les antrustions ou fidèles n'étaient pas tels , parce qu'ils avaient un fief; mais on leur donnais un fief, parce qu'ils étaient antrustions ou fidèles. On se ressouvient de ce que j'ai dit dans les premiers chapitres de ce livre : ils n'avaient pas pour lors , comme ils eurent dans la suite, le même fief; mais s'ils n'avaient pas celui-là , ils en avaient un autre , et parce que les fi^ se donnaient à la naissance, et parce qu'ils se donnaient souvent dans les assemblées de la nation , et enfin parce que , comme il Àait de l'intérêt des nobles d'en avoir, il était aussi de l'intérêt du roi de leur en donner. Ces familles étaient distinguées par leur dignité de fidèles , et par la prérogative de pouvoir se recommander pour un fief. Je ferai voir dans le livre suivant* comment, par les circonstances des temps , il y eut des hommes libres qui furent admis à jouir de cette grande prérogative, et par conséquent à entrer dans l'ordre de la noblesse. Cda n'était point ainsi du temps de Gontran et de Cbildebert, son neveu; et cela était ain« du temps de Charlemagne. Mais quoique , dès le temps de ce prince, les hommes libres ne fussent

* Chapitre xxu.

pas incapables de posséder des fiefs, il parait par le pa38age de Tégan rapporté ci-dessus , que les serfs affirancbis en étaient absolument exchis. M. l'abbé Dubos ', qui va en Turquie pour nous donner une idée de ce qu'était l'ancienne noblesse française, nous dira-t-il qu'on se soit jamais plaint en Turquie de ce qu'on y élevait aux honneurs et aux dignités des gens de basse naissance , comme on s'en plaignait sous les règnes de LiOuis le Débonnaire et de Charles le Chauve? On ne s'en plaignait pas du temps de Charlemagne , parce que ce prince distingua toujours les anciennes familles d'avec les nouvelles : ce que liOuis le Débonnaire et Charlea le Chauve ne firent pas.

Le public ne doit pas oublier qu'il est redevable à M. Tabbé Dubos de plusieurs compositions excellentes. C'est sur ces beaux ouvrages qu'il doit le juger, et non pas sur celui-ci. M. l'abbé Dubos y est tombé dans de grandes fautes , parce qu'il a plus eu devant les yeux M. le comte de Boulainvilliers que son sujet. Je ne tirerai de toutes mes critiques que cette réflexion : Si ce grand homme a erré , que ne dois-je pas craindre l

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