‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 777 sur 975 · LIVRE XXXI, CHAniBE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI, CHAniBE IV

maudant $a faveur, ils se mirent entre ses mains '. Di^obert réunit, conmie son père , toute la monarchie : la nation se reposa sur lui , et ne lui donna point de maire. Ce prince se sentit en liberté; et, rassuré d'ailleurs par ses victoires, il reprit le plan deBrunehault. Mais cela lui réussit si mal, que les leudes d'Austrasie se laissèrent battre par les Scla- Tons * , s'en retouraèrent chez eux , et les marches de TAustrasie furent en proie aux barbares.

n prit le parti d'offrir aux Austrasiens de céder FAustrasie à son fils Sigebert, avec un trésor, et de mettre le goavemement du royaume et du palais entre les mains de Cunibert , évéque de Cologne , et du duc Adalgise. Frédégaire n'entre point dans le détail des conventions gui furent faites pour lors; mais le roi les confirma toutes par ses Chartres , et d'abord l'Austrasie fut mise hors de danger ^.

Dagobert , se sentant mourir, recommanda à iEga ga femme Nentechilde et son fils Clovis. Les leudes de Noistrie et de Bourgogne choisirent ce jeune prince pour leur roi 4. iEga et Nentechilde gouveroèreot le palais^; ils rendirent tous les biens que Dagobtft avait pris', et les plaintes cessèrent en Neostrie et en Bourgogne, comme elles avaient cessé en Austrasie.

Après la mort d'iEga , la reine Nentechilde engagea les seigneurs de Bourgogne à élire Floachatus pour leur maire?. Cehii-ci envoya aux évéques et aux principaux seigneurs du royaume de Bourgogne des lettres, par lesquelles il leur promettait de leur conserver pour totyours, c'est-à-dire pendant leur vie, leurs honneurs et leurs dignités*. Il confirma

* Bo mmo, Clotariui eum ftroeeritms et Uuditms Burptndim TreautinU cor^ungitur : eum eorum esset toUicitu* si veUeni Jam, fFamoekario diice$»o, alium in ^uê honori» graéum tublitmare; 9eé omneê unauimiter deneganU» m ««^nofitam vélU m^orem^domuM eligere, régis groHam oèMM petentêe, eum rege trantegere. (ChiODique dé Frédégaire, cbap. UT, sur Fan 626.)

* btam vicUtriam quam Finidi contra Franeoê meruerunt, non tantum ScUwinorum fortitudo obtinuit, quantum demmtatio Auetranorum, dum te eemebant eum Dagoberto odium incurrisse, et aetidue expoUarentur, (Chronique de Frédégaire, cbap. Lxvm , sur l'an 630.)

* Deincepe Austrasii eorum studio Umitemetregnum Franeorum eontra Fimdos utiUter d^ensasse noseuntur. (Ibid, cbap LUX, for Pan 632.)

* Md. cbap. Lxxn, sur ran 6SS.

< Md, èhap. uxz, tor faa 6S9.

7 Chronique de Frédégaire, diap. Lxxxn, sur ran 641.

*n>ld. Floachatus eunetis dueibus a regno Burgundi^, êtu et pontifleibus, per epistotas eUam et saeraimentis JtrmttoU unieuique grâdum honoris et dignitatem, seuet ami- €itsam f perpeiuo conservttre*

sa parole par un serment : c'est ici que Fauteur du livre des maires de la maison royale met le commencement de l'administration du royaume par des maires du palais*.

Frédégaire, qui était Bourguignon, est entré dans de plus grands détails sur ce qui regarde les maires de Bourgogne dans le temps de la révolution dont nous parlons, que sur les maires d'Austrasie et de Neustrie ; mais les conventions qui furent fiutes en Bourgogne furent , par les mêmes raisons, faites en Neustrie et en Austrasie. La nation erut qu'il était plus sûr de mettre la puissance entre les mains d'un maire qu'elle élisait, et à qui elle pouvait imposer des conditions , qu'entre celles d'un roi dont le pouvoir était héréditaire.

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