‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 894 sur 975 · A DUCLOS · texte numérisé non relu

A DUCLOS

La lettre, monsieur mon illustre confrère, que vous m'avez écrite en réponse au sujet de l'abbé de Guasco, est si obligeante >, que je ne peux m'empécher de vous en faire un remerctment. J'ai une grande envie de vous revoir; mais Helvétius et Saurin vous reverront plus tôt que moi. J'ai pourtant , depuis quelques jours, brisé bien des chaînes qui me retenaient ici. Les soirées de l'hôtd de Brancas reviennent toujours à ma pensée, et ces soupers qui n'en avaient pas le titre, et où nous nous crevions. Dites, je vous prie , à madame de Rochefort , et à monsieur et madame de Forcalquier , d'avoir quelques bontéa pour un homme qui les adore. Vous devriez bien me procurer quelques-unes de ces badineries charmantes de M. de Forcalquier, que nous voyions quelquefois à Paris, et qui sortaient de son esprit comme un éclair. Je suis devenu bien sage depuis que je ne vous ai vu : je ne fais et ne ferai absolument rien; et j'ai pris mon parti de n'avoir plus d'esprit à moi , et de me livrer entièrement à l'agrément de celui des autres. Ne dois-je pas désirer de commencer par M. de Forcalquier ? Adieu , mon très-cher confrère; agréez, je vous prie, mes sentiments pleins d'estime, etc.

De Bordeaux, le 15 août 1748.

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