‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 895 sur 975 · AU CHEVALIER D'ATDIES · texte numérisé non relu

AU CHEVALIER D'ATDIES

Dites-moi, mon cher chevalier, si vous voulez aller mardi à Lisle-Belle , et si vous voulez que nous y allions ensemble ; si cela est , je serai enchanté du séjour et du chemin.

Vous êtes adorable, mon cher chevalier; votre amitié est précieuse comme l'or ; je vais m'arranger

> Voyez dnlevant la lettre nf* S3.

> AUusion aux avantages que ce prince avait remportés sur l*amiée anglaiie dans son expédition dtkxnsc.

poar profiter de votre avis , et être à Paria^ivant le départ de cet homme qui distribue la lumière. Mais , moD Dieu, vous serez a Plombières, et je serai bien malheureux de jouer aux barres ! Vous ne me mandez point la raison qui vous détermine; je m'imagine que c'est votre asthme, et j'espère que cela n'est que précaution , et que vous n'en êtes pas plus fatigué qu'à rordhiaire. Je ne compte pas trouver non plus madame de Mirepoix à F^ris; on me dit qu'elle est sur son départ. Mon cher chevalier, je voQS prie d'avoir de l'amitié pour moi ; je vous la demande comme si je ne pouvais pas me vanter que vous me l'avez accordée; et, quant à la mienne , il me semble que je vous la donne à chaque instant. Je quitte ce pays-ci sans dégoût , mais aussi sans regret. Je vous prie de vous souvenir de moi , et d'agréer les sentiments du monde les plus respectueux et les plus tendres.

Bordeaux, œ il Janvier 1749.

Je suis bien charmé de la conversation que vous avez eue ; je ne crains jamais rien là où vous êtes : M. de Fontendle a toujours eu cette qualité bien excellente pour un homme tel que lui; il loue les autres sans peine...

Donc, si j'avais fait T Esprit des Lo£5, j'aurais acquis Testime de mon cher chevalier; il m'en aimerait davantage : pourquoi donc ne pas faire V Esprit des Lois? J'ai toute ma vie dttiré de lui plaire; c'est pour cela que je lui ai donné une permission générale de faire les honneurs de moQ imbécillité. Je vois que l'auteur de cet ouvrage doit prendre son parti, et consentir à perdre l'estime de M. Daube. Votre lettre, mon cher chevalier, est une lettre charmante ; je croyais , en la lisant , vous entradre parler . Je suis bien aise que madame de Mirepoix aille en Angleterre; die y sera adorée; et , j'en suis blensûr, elle peut plaire même à ceux qui ne se soucient pas qu'on leur plaise. Je vous avertis que, lorsque le duc de Ricbemond sera à Paris, vous devez être de ses amis; il a tant de bonnes qualités, qu'il est nécessaire que vous l'aimiez; ^ je vous dis la raison qui fiût qu'il est nécessaire qu'on vous aime. Adieu , mon dier chevalier ; je vous aimerai et vous respecterai jusqu'à la fin de mes jours.

Doiieiui , ee î7 Janvier 1749.

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