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savez que j'adore. Je lui mande que^ si jliabitais le Rhône eonune la Garonne, j'aurais été le voir à Nice. Je ne suis pas surpris de voir que vous aimiez Rome; et si j'avais des yeux, j'aimerais autant habiter Rome que Paris. Mais comme Rome est tout extérieure, on sent continuellement des privations lorsqu'on n'a pas des yeux. Le départ de M. de Mirepoix et de M. le duc de Richemond est retardé. On a dit, àParis, que cela venait de ce que le roi d*Angleterre ne voulait pas envoyer un homme titré si oo ne lui en envoyait un. Ce n'est pas cela : la haute naissance de M. de Mirepoix le dispense du titre< ; et le feu empereur Charles VI , qui avait pour ambassadeur M. le prince de UchtensleÎB, B^eutpointcettedéiicatessesurM. de Mirepoix. La vraie raison est que le duc de Richemond n'est pas contait de l'argent qu^on veut hii donner pour son ambassade : de plus , la duchesse de Richemond est malade; et le due, qui l'adore', ne voudrait pas la quitter , et passer la mer sans elle. Nos négociants disent ici que les négociations entre l'Espagne et FAngletenre vont fort mal ; on n'est pas même convenu du poiat principal qui occasionna la guerre ; je ▼eux dire la manière de commereer en Amérique , et les 90,000 livres sterling pour le dédommagement des prises fûtes. De phis, on dit qu'ra Espagne on Eût aux vaisseaux anglais nouvellement arrivés dKffienltés sur difficultés. Remarquez que je vous dis de belles nouvelles pour un homme de province, tt que vous aurez beaucoup de peine à me payer eda eo iNréoonisatkms et en congrégations. Le commem de Bordeaux se rétablît un peu , elles Anglais ont en même l'ambition de boire de mon vin cette annéeimais nous ne pouvons nous bien rétablir qu'avec les Iles de l'Amérique, avec lesquelles nous faisons notre principal commerce. Je suis bien aise que vous soyez content de VEsprU des Lois. Les éloges que la plupart des gens pourraient me donner là-dessus flatteraient ma vanité ; les vôtres augmenteront mon orgueil , parce qu'ils sont donnés par un homme dont les jugements sont toujours justes > et jamais téméraires. II est vrai que le sujet est beau et gnnd : je dois bien craindre qu'il n'eût été beaucoup plus grand que moi ; je puis dire que j'y ai travaillé toute ma vie. Au sortir du collège, on me mit dans les mains des livres de droit ; j'en cherchai l'esprit , j'ai travaillé , je ne ùisais rien qui vaille. Il y a vû^gt ans quaje déônivris mes principes, ils aont
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très-simples :.un autre qui aurait autant travaillé que moi aurait ûdt mieux que mol. Mais j'avoue que cet ouvrage a pensé me tuer : je vais me reposer; je ne travaillerai pUis. Je vous trouve fort heureux d'avoir à Rome M. le due de Nivemois ' ; il avait autrefois de la bonté pour nooi; il n'était pour lors qu'aimable : ce qui doit me piquer, c'est que j'ai perdu auprès de lui à mesure qu'il est devenu plus raisonnable. M. le duc de Nivemois a auprès de lui un homme qui a beaucoup de mérite et de talents : c'est M. de la Rruère *. Je lui dois un remerciaient : si vous le voyez chez M. le ducde Nivemois , je vous prie de vouloir bien le kii faire pour moi.
Vous voyez bien qu'il n'est point question de votre excellence f et que vous n'aurez pas à me dire : « Que diable! avec votre excellence! » J'ai l'honneur de vous embrasser mille fois.
De Parti, le 7 man 1749.