A L'ABBÉ DE GUASCO
APtfis.
Pour vous prouver, illustre abbé, combien vous avez eu tort de me quitter, et combien peu je puis être sans vous, je vous donne avis que je pars pour vousaller joindreà Paris : car, depuisque vous êtes parti, il me semble que je n'ai plusrienà £siireici. Vous êtes un imbécile de n'avoir point été voir l'archevêque ^, puisque vous vous êtes arrêté quelques jours à Tours ; c'était peut-être la seule personne que vous aviez à voir, et il vous aurait très-bien reçu. Vous auriez aussi dû faire un denu-toor à gauche à Verret : monsieur et madame d'Aiguillon vow en auraient Umé. Cela valait bien mieux que votre abbaye de Marmoutier, où vous n*aurez vu que des choses gothiques, et de vieilles paperasses qui voosgâtent les yeux. Votre Irlandais de Nantes m*a beaucoup diverti. Un banquier a raison de se figurer qu'un homme qui s'adresse à lui pour chercher des acadénûes parle de celles de jeu, et non des académies littéraires, oà il n'y a rien à gagner pour lui. Le curé voit en songe son clocher, et sa servante y voit la culotte. Je savais bien que vous
I Aulear de bblet iogénieoses ei de qaelqaet méUniges Ultéraires.
' Aatear de la f^ie de CharUmagne, et de plusieurs pièces de théâtre , telles que la comédie des MécotUenii, et divers opéras faïUtolés les Foyages de t amour, Dardanut, Érigtme, et le Prince de Noitg. H rooumt eo r756, de la petite vérole , à Rome , où U était cbajisé des affaires de France, et fut extrêmement regreUé de tout ie monde, tl avait le privilège du Mercnre de France, qui a passé après lui à M. de Boissy.
* M. de Rastignac , un des frtus ittustrcs prélats de France de son frmps.
LETTOES.
afiez fait toi preuves de coureur , mais je n*aurais pas cru que vous puissiez faire celles de courrier. M. Stuart dit que vous Pavez mis sur les dents. Quand vous vous embarquerez une autre fois , embarquez votre chaise avec vous , car on ne remonte pas les rivières comme on les descend. J'espère que vous ne vous presserez pas de partir pour FAngleterre : il serait bien mal à vous de ne pas attendre quelqu'un qui fiiit cent cinquante lieues pour vous aller trouver. Je compte d*étre à Paris vers le 17 : vous avez le temps, comme vous voyez, de vous transporter dans la rue des Rosiers; car il ne fout pas que vous vous éloigniez trop de moi. Adieu; je vous embrasse de tout mon cœur.
De Bordeaoi, le 9 jaUlet 1749.