‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 900 sur 975 · A Mf CERAn · texte numérisé non relu

A Mf CERAn

J'ai trouvé, en passant à la campagne, MM. de Sainte-Palaje, qui m'ont parlé de monseigneur Cerati : je les ai perp^uellement interrogés sur monseigneur Ceratl. Quelque chose me déplaisait , c'était de n'être point à Rome avec le grand homme dont ils me parlaient. Ils m'ont dit que vous vous portiez bien : j'en rends grâces à l'air de Rome, et je m'en félicite avec tous vos amis.

M. de Buffon vient de publier trois volumes qui seront suivis de douze autres; les trois premiers contiennent des idées générales : les douze autres contiendront une description des curiosités du Jardin du Roi. M. de Bufifon a parmi les savants de ce pays-d un très-grand nombre d'ennemis; et la Toix prépondérante des savants emportera, àoeqneje crois, la balance pour bien du temps : pour moi, qui y trouve de belles choses , j'attendrai avec tranquillité et modestie la décision des savants étrangers ; je n'ai pourtant vu personne à qui je n'aie entendu dire qu'il y avait beaucoup d'utilité à le Uie.

M. de Maupertuis , qui a cru toute sa vie , et qui peut-être a prouvé qu'il n'était point heureux , vient de publier un écrit sur le bonheiu'. C'est l'ouvrafe d'un homme d'esprit; et on y trouve du raisonnement et des grâces. Quant à mon livre de V Esprit des Lois, j'entends quelques frelons qui bourdonnent autour de moi; mais si les abeilles y cueillent un peu de miel, cela me suffit; ce que vousm'en dites me fait un plaisir infini : il est bien agréable d'étreapprouvédespersonnesquel'onaime. Agréei, je vous prie , monseigneur, mes sentiments les phis respectueux.

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