PARIS
Les bontés dontvotre excellence m^atoujours ho^ noré font que je prends la liberté de m'ouvrir à elle sur une diose qui m'intéresse beaucoup. Je viens d'apprendre que les jésuites sont parvenus à faire défendre, à Vienne , le débit du livre de V Esprit de$ Lois. Votre ezcdience sait que j'ai d^à ici des querelles à soutenir, tant contre les jansénistes que contre les jésuites ; voici ce qui y a donné lien. Au chap. ti du liv. IV de mon livre , j'ai parlé de l'étalrfissement des jésuites au Paraguay, et j'ai dît que, quelques mauvaises couleurs qu'on ait voulu y donner, leur conduite à cet égard était très-louable; et les jansénistes ont trouvé très-mauvais que j'aie par là défendu ce qu'ils avaient attaqué , et approuvé la conduite des jésuites ; ce qui les a mis de très-mauvaise humeur. D'un autre otté, les jésuites ont trouvé que dans cet endroit même je ne parlais pas d'eux avec assez de respect , et que je les accusais de manquer dliumUité. Ainsi j'ai eu le destin de tous les gens modérés , et je me trouve être comme les gens neutres que le grand Cosme de Médids comparait à ceux qui habitent le second étage des malsons, et qui sont incommodés par le bruit d'en haut et par la fumée d'en bas. Aussi , dès que mon ouvrage parut , les jésuites TatUquèrent dans leur Journal de Trévoux, et les jansénistes en firent de même dans leurs Nouvelles ecclésiastiques ; et quoique le public ne fit que rire des choses peu sensées qu'ils disaient, je ne crus pas devoir en rire moi-même, et je fis im-
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primer ma défense , que votre exedienee eonoA, n que j'ai l'honneur de vous envoyer : et comiw lei uns et les autres me feôsaient à peu près les nèm impressions, je me suis contenté de lépondie m jansémstes, à un seul article' près, qui legude ci particulier le Journal de Trévomx,
Votre excellence est instruite du sneeès qa*a ci ma défense, et qu'il y a eu ici unerigéDânloontie mes adversaires. Je croyais être tranquOe, Ionque j'ai appris que les jésuites ont été porter à Vienne les querelles qu'ils se sont faites h Paris, et qu'ils y ont eu le crédit de faire défendre moo iirre, sachant bien que je n'y Àais pas pour dire mes rasons , tout cela dans l'objet de pouvoir dire à Puis que ce livre est bien pernicieux puisqu'il a été défendu à Vienne, de se prévaloir de rautoritétfooe aussi grande cour, et de dire usi^ da respeetet de cette espèce de culte que toute l'Europe rende rimpératrice. Je ne veux point prévenir les réflexioBi de votre excellence. Mais peut-être pemera-t-eHe qu'un ouvrage dont on a feit dans un an et déni vingtHleux éditions, qui est traduit dans presque toutes les langues, et qui d'ailleurs contient des dioses utiles, ne mérite pas d'être proscrit parle gouvernement.
J'ai l'honneur d'être, avee un respect inlliH, etc.
DePari8,IeS7mail780.