‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 911 sur 975 · J. — A L'ABBÉ DE GUASCO · texte numérisé non relu

J. — A L'ABBÉ DE GUASCO

Mon cher abbé, il est bon d'avoir l'esprit bien lait, mais il ne fout pas être la dupe de l'esprit des autres. M. l'intendant peut dire ce qu'il lui plaît : il ne sauraitsejustifier d'avoir manqué de paroleàl'Académie, et de l'avoir induite en erreur par de fausses promesses. Je ne suis pas surpris 'que, sentant ses torts, il cherche à se justifier ; mats vous, qui avez été témoin de tout, ne devez point vous laisser surprendre pas des excuses qui ne valent pas mieux que ses promesses. Je me trouve trop bien de lui avoir rendu son amitié, pour en vouloir encore. A quoi bon l'amitié d'un honune en place qui est toujours dans la méfiance , qui ne trouve juste que ce qui est dans son système, qui ne sait jamais faire le plus petit plaisir, ni rendre aucun service ? Je me trouverai mieux d'être hors de portée de lui en demander, ni pour les autres ni pour moi, car je serai délivré par là de bien des importunités.

Dulcis inexpertis euHurapaêenêiê amici :

JSxpertusmeiuit^.

Il fout éviter une coquette qui n'est que coquette ,

* yiac. Soi. IX, 84.

* n entend parier des aflidrai Uttérttoet : oe Moélalie de PAcedémle n'arait Jamais ▼oiila le donner la peioi de rédiger ses Mémoires, et en faire |>art an piil>Ue.

* BoftAT. Epùi lit». I, ep. xvm, se.

et ne donne que de fousses espérances. Voilà dernier mot. Je meOatteqne notre duchesse entrera dans mes raisons; son firanc-allen n'en sera ni {dos ni moins.

Je suis très-flatté du souvenir de M. FabbéOlnn •. Je me rappelle toujours avec défiées les moments que je passai dans la société littérabre de cet Italien éclairé, qui a su s'élever au-dessus des pr^ogés de sa nation. Il ne follut pas moins que le de^oltsme et les tracasseries d'un P. Toumemîne pour me faire quitter une sodété dont j'aurais voulu proiter. C'est une vraie perte pour les gen» de lettres que la dissolution de ces sortes de petites acadéones libres, et il est fâcheux pour vous que celle da P. Desmolets * soit aussi culbutée. Texige que vo«s m'écriviez encore avant votre départ pour Turin , et je vous sonune d'une lettre dès que vous y serei arrivé. Adieu.

De Paris, le ft déeembie iTie.

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