‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 917 sur 975 · A M»« LA MARQUISE DU DEFFAND · texte numérisé non relu

A M»« LA MARQUISE DU DEFFAND

Je vous avais promis, madame, de vous mais que vous manderai-je dont vous puissiez vous soucier? Je vous offire tous les regrets que j'ai de ne plus vous voir. A présent que je n*ai que des objets tristes, je m'occupe à lire des romans ; quand je serai plus heureux , je lirai de vieilles cfarooiqQes pour tempérer les biens et les maux : mais je sens qu'il n'y a pas de lectiures qui puissent remplaeer un quart d'heure de ces soupers qui Êùsaient mes délices. Je vous prie de parler de mol à madame du Châtel. J'apprends que les requêtes du palais n'ool

fit d*un écrit qui apour titre Lytimaqtie : U était de la lettre suivante, adressée an secrétaire de la sodélé. On y verra quelle était la raison qui engageait Montesquies àpté* fêter à tout autre sn^et celui qu*U traite dans cet

pas été fiiforables à madame de Stainville; ditesloi combien je sois sensible h tout ce qui la touche, et cette personne diarmante, qui n*aura jamais de rirale aux yeux de personne que madame sa mère. Parlez aussi de moi à ce président qui me touche comme les Grâces et m'instruit comme Machiavel , qui ne se soucie point de moi , parce qu'il se soucie de tout le monde, et dont j'espère toujours d'acquérir l'estime, sans jamais pouvoir espérer les sentiments. Je n'aurais jamais fini, si je voulais suivre cette phrase; mais c'est assez le désobliger pour le mal que je lui veux.

Je n'entends ici parler que de vignes, de misère et de procès , et je suis heureusement assez sot pour m'accuser de tout cela, c'est-à-dire pour m'y intéresser. Mais je ne songe pas que je vous ennuie à la mort , et que la chose du monde qui vous fait le plus de mal, c'est l'ennui; et je ne dois pas vous tuer, comme font les Italiens, par une lettre.

Je vous supplie, madame , d'agréer mon respect.

DelaBréde, 16 Juin 1751.

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