‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 923 sur 975 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

ÀBnizdlM.

Vous êtes admirable « mon cher comte; vous réonissez trois amis qui ne se sont vus depuis plusieurs années, séparés par des mers, et vous ouvrez un commerce entre eux. M. Michel * et moi ne nous étions pas perdus de vue v mais M. d'AyroIIes , que j'ai eu Fhonneur de voir à Hanovre, m*avait entièrement oublié. Je n'ai plus de vin de Tannée passée; mais je garderai un tonneau de cette année pour Vun et pour Fautre. Je vous ai déjà mandé que je comptais être à Paris au mois de septembre; et comme vous devez y être en même temps , je TOUS porterai la réponse du négociant à Tabbé de la Porte*, qui m'a critiqué sans m'entendre : ce n'est pas un négociant soi-disant, oomme vous croyez; c'en est un bien réel, et un jeune homme de notre ville , qui est Tauteur de cet écrit.

Je vous dirai, mon cher abbé, que j'ai reçu des commissions considérables d'Angleterre pour du vin de cette année; et j'espère que notre province se relèvera un peu de ses malheurs. Je plains bien les pauvres Flamands, qui ne mangeront plus que des huîtres, et point de beurre.

Je crois que le système a changé à l'égard des places de la barrière, et que l'Angleterre a senti qu'elles ne pouvaient servir qu'à déterminer les Hollandais à se tenir en paix pendant que les autres seront en guerre. Les Anglais pensent aussi que les Pays-Bas sont plus forts , en y ajoutant douze cent mille florins ^ de revenu , qu'ils ne le seraient par les garnisons des Hollandais qui les défendent si mal ; de plus , la reine de Hongrie a éprouvé qu'on ne hii donnait la paix en Flandre que pour porter la guerre ailleurs. Je ne serais pas étonné non plus que le système de l'équilibre et des alliances changeât à la première occasion. H y a bien des raisons de ceci : nous en parlerons à notre aise au mois de septembre ou d'octobre. Tai reçu une belle lettre de l'abbé Yenuti, qui, après m'avohr gardé un si-

< Alort commissaire d'ÂDgleterre pour les affaires de la barrière h Bruxelles , et depcds ministre plénipotentiaire à Berlin, homme de beaucoup d*esprit, et d*un caractère fort aimable. M. d'AyroUes était ministre de la même cour à BmieUes.

s Cette réponse est de M. Risteaa , alors Jeune négociant de Boideaux, et depuis un des directeurs de la compagnie des Indes. EUe fàt imprimée dans quelques éditions des LeUfts/»milières. On n*en tira qu'un petit nombre d'exemplaires. Montesquieu en faisait un très-grand cas, et n'y eut aucune part n avoua même qu'il eût été fort embarrassé de répondre à certaines ot^ecdons que son jeune défenseur avait réfutées de manière à ne laisser aucun lieu à la réplique.

^ Subside que la cour de Vienne s'était engagée de payer aux HoUandais pour les garnisons des places de la barrière.

lence continuel pendant deux ans sans nîsoii. Fa rompu aussi sans raison.

De la Biède, le 17 JolD Hit.

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