‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 938 sur 975 · J.— AU PRÉSIDENT HÉNAULT · texte numérisé non relu

J.— AU PRÉSIDENT HÉNAULT

Je voudrais bien , monsieur mon illustre confrère, donner trois ou quatre livres de Y Esprit des Lois pour savoir écrire une lettre comme la vôtre; et pour vos sentiments d'estime , je vous en rends bieB d'admiration. Vous donnez la vie à mon âoie, qui est languissante et morte, et qui ne sait plus qfoe se reposer. Avoir pu vous amuser à Compiègiie» c'est pour moi la vraie gloire. Mon cher président» permettez-moi de vous aimer, permettez-moi de me souvenir des charmes de votre société, comme on se souvient des lieux que l'on a vus dans sa jeanesw, et dont on dit : Tétais heureux alors! Vous £ûtet des lectures sérieuses à la cour, et la cour ne perd rien de vos agréments ; et moi qui n'ai rien à faire, je ne puis me résoudre à fedre quelque diose. J*ai toujours senti cela : moins on travaille, moins on a de force pour travailler. Vous êtes dans le pays des changements; ici , autour de nous, tout est imrno* bile. La marine, les affaires étrangères, les finances, tout nous semble la même chose : il est vrai que nous n'avons point une grande finesse dans le tact. J'apprends que nous avons eu à Bcndeanx plusieurs conseillers au parlement de Paris, qui . depuis le rappel , sont venus admira les beautés de notre ville; outre qu'une ville où l'on n'est poiat exilé est plus belle qu'une autre. Mon dier préddent , je vous aimerai toute ma vie.

De U Biède, te 11 aoAt fTM.

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