AU MÊME
Dans riacertitude où je suis que vous m'attendiez , je vous écrirai encore une lettre avant de partir. Vous êtes chanoine de Toumay ; et moi je fois des prairies. J'aurais besoin de cinquante livres de graine de trèfle de Flandre , que Ton pourrait m'envoyer par Dunk^ue à Bordeaux. Je vous prie donc de charger quelqu'un de vos amis à Toumay de me faire cette conunission, et je vous payerai comme un gentilhomme, ou, pour mieux dire, comme un marchand, et quand vous viendrez à la Brède, vous verrez votre trèfle dans toute sa gloire. Considérez que mes prés sont de votre création : ce sont des enfants à qui vous devez continuer l'éducation. Je compte que vous aurez vu nos amis, et que vous leur aurez un peu parlé de moi. Je vous verrai certainement bientôt , mais cela ne doit point vous empêcher de faire des histoires du prétendant à mademoiselle Betti > : vous n'en serez que mieux soigné. Je vous marquerai, par une lettre particulière, le jour de mon arrivée, que je ne sais point; et quand je ne vous écrirais pas, en cas que j'apparusse devant vous sans vous avoir prévenu , vous aurez bientôt transporté votre pelisse, votre bréviaire et vos médailles dans l'appartement de mon fils. Quand vous verrez madame Dupré de Saint- Maur, demandez-lui si elle a reçu une lettre de moi. Présentez-lui , je vous prie, mes respects, et à M. de Trudaine, notre respectsd^le ami. L'abbé, encore une fois, attendez-moi.
Puisque vous êtes d'avis que j'écrive à M. l'auditeur Bertolini , je vous adresse la lettre pour la lui foire tenir. Je vous embrasse de tout mon cœur.
De la Brède, le s déoembie 17M.
> Cet ouvrage , qui n*était dots qtie eommenoé , a été eontinaé; mais les Inoommodités sonreniies à raotear Vont empêché pendant quelques atmées d*y donner la dernière main.
* Irlandaise , concierge de rhôtel de Monteiqaieo , à ^aris , fort lélée pour le prétendant.