A M. L'AUDITEUR BEKTOUNL
A Florence.
Je finis la lecture des deux morceaux de votre préface ', monsieur, et je prends la plume pour vous dire que j'en ai été enchanté; et quoique je ne Taie vue qu'au travers de mon amoui^propre, parce que je m'y trouve paré comme dans un jour de £!te, je ne croîs pas que j'eusse pu y trouver tant de beautés si elles n'y étaient pas. II y a un endroit que je vous supplie de retrancher : c'est l'article qui concerne les Anglais *, et où vous dites que j'ai fait mieux sentir la beauté de leur gouvernement que leurs auteurs mêmes. Si les Anglais trouvent que cela soit ainsi, eux qui connaissent mieux leurs livres que nous , on peut être sûr qu'ils auront la générosité de le dire ; ainsi renvoyons-leur cette question. Je ne puis m'empécher, monsieur, de tous dire combien j'ai été étonné de voir un étranger posséder si bien notre langue; et j'ai encore des remerclments à vous faire sur mon apologie que vous faites, vous qui m'entendez si bien, contre des gens qui m'ont si mal entendu, qu'on pourrait gager qu'ils ne m'ont pas seulement lu. D'ailleun je dois me féliciter de ce que quelques endroits de mon livre vous ont fourni une occasion de faire F^oge de la grande reine K J'ai , monsieur, l'honneur d'êtro avec des sentiments remplis de respect et de considération
De la Brède, le 6 décembre I7M.