‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 945 sur 975 · A L'ABBÉ DE GUASCO · texte numérisé non relu

A L'ABBÉ DE GUASCO

Je suis bien étonné , mon cher ami , du procédé de la Geofùrin ; je ne m'attendais pas à ce trait malhonnête de sa part contre un ami que j'estime , que je chéris, et dont elle me doit la connaissance. Je me reproche de ne vous avoir pas prévenu de ne plus aller chez elle. Où est l'hospitalité ? où est la morale? Quels sont les gens de lettres qui seront en sûreté dans cette maison, si l'on y dépend ainsi d'un caprice ? Elle n'a rien à yous reprocher, j*en sois sdr; ce qu'elle a dit de vous ne sont que des sottises 4 qull

« Cenagi8tratécUdré,deFloreiioe,aiidtan lequel tt pioaveqiie les piindpes de VSMprH ém Lti» eeoi des melUeurs écrivains de FaittqaHé.

» Cet article fot letraoché.

3 L'impératrice Marle-Tliérèse, reine de HoDgrl».

4 Comme cette tracasserie coorat tout Paria dan* k Une sera pas indifférent d'en dire oudque chose. Us. que madame Geoffrin disait avoir pour rompre averc^ étranger, qui avaitétédesasodété, ÔWent,l«que,tai— • donné une commission d'an service de faïence pendant était en Angleterre^ U le lui avait fait rembourser, en paycmentrdifiéienU, des fonds quni avait à Paris, au de lui envoyer une lettre de change du total ; r> qinl '

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ne vaut pas la peine de vous rendre. Après tout , | qu*e8t-ce que tout cela vous fait ? Elle ne donne pas le ton dans Paris , et il ne peut y avoir que quelques esprits rampants et subalternes et quelques eaillettes qui daignent modeler leur fecon de penser sur la sienne. Vous êtes connu dans la bonne compagnie; vous y avez Ait vos preuves depuis longtemps; vous tomberez toti^^^u^ sur vos pieds : voyez la duchesse d*Aiguillon , elle ne pense pas d'après les autres; voyez nos amis du Marais S et je suis persuadé que vous ne trouverez point de changement dans leur façon de penser et d'agir à votre égard. Nous nous verrons bientôt, et nous parierons de cette affaire ; elle ne vaut pas la peine que vous vous chagriniez.

Tout bien pesé , Je ne puis encore me déterminer à livrer mon roman éArsace à l'imprimeur. Le triomphe de l'amour conjugal de l'Orient est peut-être trop éloigné de nos moeurs pour croire qoll serait bien reçu en France. Je vous apporterai ee manuscrit; nous le lirons ensemble, et je le donnerai à lire à quelques amis. A l'égard de mes voyages , je vous promets que je les mettrai en ordre dès que j'aurai un peu de loisir, et nous deviserons à Paris sur la forme * que je leur donnerai. Il y a encore trop de personnes, dont je parle, vivantes pour publier cet ouvrage; et je ne suis pas dans le système deceux qui conseillèrent è M. de Fontenelle de tider le sac ' avant que de mourir. L'impression'de ses eomédies n'a rien ajouté à sa réputation.

■laiicfBé M km da Ift bonne compagnie en parlant an Jour diet die , dans le moment qo*on allait dîner, d*ane eoUqae dûol tt était toonnenté , et qîu robUgea de le retlier ; s* qa*U tooatt à trop de aodétét; 4<* qo'elle le loupçonnalt d*étie on «q4on dei eoon de Vienne oa de Turin, pôlsqull était tant Ué avec la mIniitraBétraimen. Mais àoes raisons, sans doute véritables, des gens ont i^té malidensement, l» que cet étranger ayant contracté plos de liaisons dans Paris qu'il n*en «ut d'abord , et n*ailant plus Journellement chcE elle, elle se crut négligée; s» qu'ayant fait la Tie du prince Canlemir, et paie des personnes avec qui 0 éUlt en liaisons, il ne l'avait pM nommée; S* que, lui ayant MX espérer la connaissance de M. le marquis de Saint-Germain , ambassadeur de Sardaigne, bommt trte-esttmé, qu'elle ambitionnait beaucoup de voir ch« ePe, la chose tfeut pas lieu , parce que cet ambassadeur

oes^as soudait pas, et que ce fut là répoquedu refroidisaemenL Quoi qu'y en soit , une avanie qu'eUe loi fit un Jour cbez elle dédda la rupture totale : elle chercha ensuite à la JustiUer par bkm ém voies, Jusqu'à tAcber dindispoear Meatcaquleu centre kd; mala lear amitié était à toute épreuve.

* ILdeTrudaiMdsasodété.

* Montesquieu balançait s^U écrirait ses voyages en Ibrme de lettres, ou s^U les mettrait en simple rédt : la mort le prévint, et nous sommes privés de Pouvrage d'un voyageur philœopiie qui savait voir là où les autres ne font que regarder.

* En 1749, FooteneUe, désirant publier ses comédies, en donna lecture dans lasodéléde madamedeTendn, pour savoir sll devaH les foire paraître. Elles furent Jugées au-dessous

de la gnnde répuUUon de leur auteur ; et madame de Tendn ftddiaciéede le détourner de les faire imprimer, ceàqooi fteleadte déléra. Quelque temps après, l'amour patemd s'é-

Puisque vous vous piquez d*étre quelquefois antiquaire Je ne vois pointd*inconvénient de donner à votre collection le titre de Galerie de portraits poUtiqiset de ce siéde; et pour moi, qui ne suis point antiquaire, je la préférerai à une galerie de statues. Vous songez sans doute qu*un pareil ouvrage ne doit être que pour le siècle à venir, auquel ou peut être utile sans danger; car, comme vous le remarquez, le caractère et les qualités personnelles des négociateurs etdes ministres ayant ime grande influence sur les affaires publiques et les événements politiques, rentrée de ce sanctuaire est dangereuse aux proûtnes. Adieu.

De la Brède, le 16 décembre 1754.

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