‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1007 sur 1093 · NICOMÈDE, ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

NICOMÈDE, ACTE II, SCÈNE II

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Aussitôt qu'un sujet s'est rendu trop puissant , Encor qu'il soit sans crime, i! n'est pas innocent : On n'attend point alors qu'il s'ose tant permettre ; C'est un crime d'État que d'en pouvoir commettre ; Et qui sait bien régner l'empêche prudemment De mériter un juste et plus graïul châtiment , Et prévient , par un ordre à tous deux salutaire , Ou les maux qu'il prépare, ou ceux qu'il pourrait faire. INIais , seigneur, pour le prince, il a trop de vertu ; Je vous l'ai déjà dit.

PRUSIAS

Et m'en répondras-tu ? Me seras-tu garant de ce qu'il pourra faire Pour venger Annibal, ou pour perdre son frère, Et le prends-tu pour homme à voir d'un œil égal Et l'amour de son frère , et la mort d'Aimibal ? Non, ne nous flattons point, il court à sa vengeance; 11 en a le prétexte, il en a la puissance; Il est l'astre naissant qu'adorent mes États ; Il est le dieu du peuple , et celui des soldats. Sur de ceux-ci , sans doute il vient soulever l'autre. Fondre avec son pouvoir sur le reste du nôtre ' : ]\lais ce peu qui m'en reste , encor que languissant , IS'est pas peut-être encor tout à fait impuissant. Je veux bien toutefois agir avec adresse, J oindre beaucoup d'honneur à bien peu de rudesse * , Le chasser avec gloire, et mêler doucement Le prix de son mérite à mon ressentiment : Mais, s'il ne m'obéit, ou s'il ose s'en plaindre, Quoi qu'il aitfaitpour moi, quoi que j'en voie à crain- Dussé-je voir par là tout l'État hasardé... [dre ,

ARASPE

Il vient.

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