‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 1027 sur 1093 · NICOMÉDE , ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

NICOMÉDE , ACTE IV, SCÈNE II

Douîé-je de son crime ou de voire innocence ? Et reconnaissez-vous que tout ce qu'il m'a dit Par quelque impression ébranle mon esprit ?

ABSINOÉ.

Ah ! seigneur, est-il rien qui répare l'injure Que fait à l'innocence un moment d'imposture? Kt peut-on voir mensonge assez tôt avorté Pour rendre à la vertu toute sa pureté? Il en reste toujours quelque indigne mémoire Qui porte une souillure à la plus haute gloire. Combien en votre cour est-il de médisants? Combien le prince a-t-il d'aveugles partisans , Qui , sachant une fois qu'on m'a calomniée. Croiront que votre amour m'a seul justiûée ? Et si la moindre tache en demeure à mon nom , Si le moindre du peuple en conserve un soupçon , Suis-je digne de vous? et de telles alarmes Touchent-elles trop peu pour mériter mes larmes ?

PRUSIAS

Ah! c'est trop de scrupule, et trop mal présumer D'un mari qui vous aime , et qui vous doit aimer. La gloire est plus solide après la calomnie , Et brille d'autant mieux qu'elle s'en vit ternie. Mais voici rsicomède, et je veux qu'aujourd'hui. ..

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