‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 112 sur 1093 · CHRYSANTE, GÉRON · texte numérisé non relu

CHRYSANTE, GÉRON

CHRYSANTE

Ils se sont VUS enfin.

GÉRON

Je l'avais déjà su , Madame; et les effets ne m'en ont point déçu , Du moins quant à Florange.

CHRYSANTE

Eh bien ! mais qu'est-ce encore ?

Que dit-il de ma fille?

GÉRON

Ah ! madame , il l'adore.

Il n'a point encor vu de miracles pareils : Ses yeux , à son avis , sont autant de soleils ; L'enflure de son sein un double petit monde ; C'est le seul ornement de la machine ronde. L'Amour à ses regards allume son flambeau , Et souvent , pour la voir, il ôte son bandeau ; Diane n'eut jamais une si belle taille ; Auprès d'elle Vénus ne serait rien qui vaille ; Ce ne sont rien que lis et roses que son teint ; Enfin de ses beautés il est si fort atteint...

Atteint ? Ah ! mon ami, tant de badinerie Ne témoigne que trop qu'il en fait raillerie.

GÉRON

Madame, je vous jure, il pèche innocemment , Et s'il savait mieux dire , il dirait autrement. C'estunhommetoutneuf.quevoulez-vous qu'il fasse?

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