C8 LA VEUVE, ACTE I, SCÈNE V
il dil ce qu'il a lu. Daignez juger, de grâce ,
plus favorablement de son intention ;
Et pour mieux vous montrer où va sa passion ,
Vous savez les deux points ( mais aussi , je vous prie ,
A'ous ne lui direz pas cette supercherie ).
CHRYSANTE
JVon , non.
GÉBON.
Vous savez donc les deux difficultés Qui jusqu'à maintenant vous tiennent arrêtés ?
CHRYSANTE
Il veut son avantage , et nous cherchons le nôtre.
GÉRON
" Va , Géron , ni'a-t-il dit ; et pour l'une et pour l'au- « Si par dextérité tu n'en peux rien tirer, [tre ,
« Accorde tout plutôt que de plus différer. '• Doris est à mes yeux de tant d'attraits pourvue, " Qu'il faut bien qu'il m'en coûte un peu pour l'avoir ?»lais qu'en dit votre fille ? [vue. »
CHRYSANTE
Elle suivra mon choix , Et montre une âme prête à recevoir mes lois ; ]Non qu'elle en fasse état plus que de bonne sorte ; Tl suffit qu'elle voit ce que le bien apporte , Et qu'elle s'accommode aux solides raisons Qui forment à présent les meilleures maisons.
GÉRON
Ace compte, c'est fait. Quand vous plaît-il qu'il vienne Dégager ma parole, et vous donner la sienne?
CHRYSANTE
Deux jours me suffiront , ménagés dextrement , Pour disposer mon fils à son contentement. Durant ce peu de temps, si son ardeur le presse, H peut hors du logis rencontrer sa maîtresse. Assez d'occasions s'offrent aux amoureux.
GÉRON
Madame, que d'un mot je vais le rendre heureux!