SCENE IX
DORIMANT, LYSANDRE, CLÉANTE.
DORIMANT.
Eh bien, elle s'appelle?
CLÉANTE
Ne m'informez de rien qui touche cette belle. Trois filous rencontrés vers le milieu du pont , Chacun l'épée au poing, m'ont voulu faire affront , Et sans quelques amis qui m'ont tiré de peine , Contre eux ma résistance eut peut-être été vaine ; Ils ont tourné le dos , me voyant secouru : Mais ce que je suivais taudis est disparu.
DORIMANT. [dre!
Les traîtres ! trois contre un ! t'attaquer ! te surpren- Quels insolents vers moi s'osent ainsi méprendre?
CLÉANTE
Je ne connais qu'un d'eux , et c'est là le retour De quelques tours de main qu'il reçut l'autre jour, Lorsque , m'ayant tenu quelques propos d'ivrogne. Nous eûmes prise ensemble à l'hôtel de Rourgogne.
DORIMANT.
Qu'on le trouve où qu'il soif ; qu'une grêle de bois Assemble sur lui seul le châtiment des trois ; Et que sous l'étrivière il puisse tôt connaître. Quand on se prend aux miens , qu'on s'attaque à leur LYSANDRE. [maître !
J'aime à te voir ainsi décharger ton courroux : Mais voudrais-tu parler franchement entre nous?
DORIMANT.
Quoi ! tu doutes encor de ma juste colère?
LYSANDRE
En ce qui le regarde, elle n'est que légère :
' Ok que, pour en quelque lieu que, était d'un fréquent usage du temps de Corneille; c'est Vubicumquc des Latins. ÏMénage a proscrit cette locution, et ellea disparu de notre langue, malgré l'autorilé de Mallierbe et Corneille parmi nos poêles anciens, de J. J. Rousseau et Buffon parmi nos prosateurs modernes.