ANGÉLIQUE, PHYLIS
ANGÉLIQUE
Le croirais-tu , Phylis ? Alidor m'abandonne.
PHYLIS
Pourquoi non? je n'y vois rien du tout qui m'étonne, Rien qui ne soit possible , et , de plus , fort commun. La constance est un bien qu'on ne voit en pas un. Tout change sous lescieux, mais partout bon remède.
ANGÉLIQUE
Le ciel n'en a point fait au mal qui me possède.
PHYLIS
Choisis de mes amants , sans t' affliger si fort, Et n'appréhende pas de me faire grand tort ; J'en pourrais , au besoin, fournir toute la ville, Qu'il m'en demeurerait encor plus de deux mille.
ANGÉLIQUE
Tu me ferais mourir avec de tels propos; Ah! laisse-moi plutôt soupirer en repos. Ma sœur.
PHYLIS
Plût au bon Dieu que tu voulusses l'èlre!
ANGÉLIQUE
Eh quoi ! tu ris encor .^ c'est bien faire paraître...
PHYLIS
Que je ne saurais voir d'un visage afflige Ta cruauté punie , et mon frère vengé.
Après tout , je connais quelle est ta maladie ; Tu vois comme Alidor est plein de perfldie ; Mais je mets dans deux jours ma tcte à l'abandon Au cas qu'un repentir n'obtienne son pardon.
ANGÉLIQUE
Après que cet ingrat me quitte pour Clarine ?