‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 299 sur 1093 · ANGÉLIQUE, PHYLIS · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE, PHYLIS

ANGÉLIQUE

Le croirais-tu , Phylis ? Alidor m'abandonne.

PHYLIS

Pourquoi non? je n'y vois rien du tout qui m'étonne, Rien qui ne soit possible , et , de plus , fort commun. La constance est un bien qu'on ne voit en pas un. Tout change sous lescieux, mais partout bon remède.

ANGÉLIQUE

Le ciel n'en a point fait au mal qui me possède.

PHYLIS

Choisis de mes amants , sans t' affliger si fort, Et n'appréhende pas de me faire grand tort ; J'en pourrais , au besoin, fournir toute la ville, Qu'il m'en demeurerait encor plus de deux mille.

ANGÉLIQUE

Tu me ferais mourir avec de tels propos; Ah! laisse-moi plutôt soupirer en repos. Ma sœur.

PHYLIS

Plût au bon Dieu que tu voulusses l'èlre!

ANGÉLIQUE

Eh quoi ! tu ris encor .^ c'est bien faire paraître...

PHYLIS

Que je ne saurais voir d'un visage afflige Ta cruauté punie , et mon frère vengé.

Après tout , je connais quelle est ta maladie ; Tu vois comme Alidor est plein de perfldie ; Mais je mets dans deux jours ma tcte à l'abandon Au cas qu'un repentir n'obtienne son pardon.

ANGÉLIQUE

Après que cet ingrat me quitte pour Clarine ?

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