‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 31 sur 1093 · LETTRE SUPPOSÉE DE MÉLITE A PHILANDRE · texte numérisé non relu

LETTRE SUPPOSÉE DE MÉLITE A PHILANDRE

« Je commence à m'estimer quelque chose, puis- « que je vous plais; et mon miroir m'offense tous les « jours , ne me représentant pas assez belle , comme « je m'imagine qu'il faut être pour mériter votre af- '< fection. Aussi je veux bien que vous sachiez que » Mélite ne croit la posséder que par faveur, ou « comme une récompense extraordinaire d'un excès « d'amour, dont elle tâche de suppléer au défaut des « grâces que le ciel lui a refusées. »

PHILANDRE

Maintenant qu'en dis-tu? n'est-ce pas l'affronter ?

Cette lettre en tes mains ne peut m' épouvanter.

PHILANDRE

La raison ?

TIRCIS

Le porteur a su combien je t'aime , Et par galanterie il t'a pris pour moi-même, Comme aussi ce n'est qu'un de deux parfaits amis.

PHILANDRE

Voilà bien te flatter plus qu'il ne t'est permis , Et pour ton intérêt aimer à te méprendre.

TIRCIS

On t'en aura donné quelque autre pour me rcndio , Afin qu'encore un coup je sois ainsi déçu.

PHILANDRE

Oui , j'ai quelque billet que tantôt j'ai reçu ; Et puisqu'il est pour toi...

MÉLITE, ACTE

TIECIS.

Que ta longueur me tue !

Dépêche.

PHILANDRE

Le voilà que je te restitue.

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