LA PLACE ROYALE, ACTE IV, SCENE VII
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ALinOR.
Nous préserve le ciel d'un pareil désespoir! Mais votre ëloisnement n'est plus en mon pouvoir. J'en ai manqué le coup; et, ce que je regrette, IMon carrosse est parti , mes gens ont fait retraite. A Paris , et de nuit , une telle beauté , Suivant un homme seul , est mal en sûreté : Doraste , ou , par malheur, quelque rencontre pire , Me pourrait arracher le trésor où j'aspire : Évitons ces périls en différant d'un jour.
ANGÉLIQUE
Tu manques de courage aussi bien que d'amour. Et tu me fais trop voir, par ta bizarrerie. Le chimérique effet de ta poltronnerie.
Alidor ( quel amant ! ) n'ose me posséder.
ALIDOR
Un bien si précieux se doit-il hasarder?
Et ne pouvez-vous point d'une seule journée
Retarder le malheur de ce triste hyménée?
I^eut-être le désordre et la confusion
Qui naîtront dans le bal de cette occasion
Le remettront pour vous; et l'autre nuit, je jure...
ANGÉLIQUE
Que tu seras encore ou timide, ou parjure. Quand tu m'as résolue à tes intentions, Lâche, t'ai-je opposé tant de précautions.^ Tu m'adores , dis-tu ! tu le fais bien paraître , Rejetant mon bonheur ainsi sur un peut-être.
ALIDOR
Quoi qu'ose mon amour appréhender pour vous , Puisque vous le voulez , fuyons , je m'y résous ; Et malgré ces périls... Mais on ouvre la porte; C'est Doraste qui sort , et nous suit à main-forte. {Alidor s'échappe , et Angélique le veut suivi'e; mais Doraste l'arrête. )