‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 343 sur 1093 · MÉDÉE, KÉRINE · texte numérisé non relu

MÉDÉE, KÉRINE

NÉBINE.

Bien qu'un péril certain suive votre entreprise, Assurez-vous sur moi, je vous suis toute acquise, Employez mon service aux flanmies , au poison , Je ne refuse rien ; mais épargnez Jason. Votre aveugle vengeance une fois assouvie. Le regret de sa mort vous coûterait la vie; Et les coups violents d'un rigoureux ennui...

MÉDÉE

Cosse de m'en parler, et ne crains rien pour lui ; Ma fureur jusque-là n'oserait me séduire; Jason m'a trop roillé pour le vouloir détruire;

II, SCÈNE lî.

Mon courroux lui fait grâce, et ma première ardror

Soutient son intérêt au milieu de mon cœur.

Je crois qu'il m'aime encore, et qu'il nourrit en lànîc

Quelques restes secrets d'une si belle flamme :

Il ne fait qu'obéir aux volontés d'un roi

Qui l'arrache à Médée en dépit de sa foi.

Qu'il vive, et, s'il se peut, que l'ingrat me demeure ;

Sinon, ce m'est assez que sa Creuse meure;

Qu'il la voie cependant , et, jouisse du jour

Que lui conserve encor mon immuable amour.

Créon seul et sa fille ont fait la perfidie ;

Eux seuls termineront toute la tragédie :

Leur perte achèvera cette fatale paix.

NÉBINE.

Contenez-vous, madame; il sort de son palais.

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