MÉDÉE, ACTE IV, SCÈNE IV
POLLUX
Peut-être que contre eux s'étend sa trahison, Qu'elle ne les prend plus que pour ceux de Jason , Et qu'elle s'imagine, en haine de leur père, Que n'étant plus sa femme, elle n'estplusleurmère. Renvoyez-lui, seigneur, ce don pernicieux, Et ne vous chargez point d'un poison précieux.
CLÉONE
IMadame cependant en est toute ravie, Et de s'en voir parée elle brûle d'envie.
POLLUX
OÙ le péril égale et passe le plaisir, 11 faut se faire force , et vaincre son désir. Jason, dans son amour, a trop de complaisance De souffrir qu'un tel don s'accepte en sa présence.
CRÉON
Sans rien mettre au hasard , je saurai dextrement Accorder vos soupçons et son contentement. Nous verrons dès ce soir, sur une criminelle, Si ce présent nous cache une embûche mortelle. Nise , pour ses forfaits destinée à mourir. Ne peut par cette épreuve injustement périr; Heureuse , si sa mort nous rendait ce service , De nous en découvrir le funeste artifice! A llons-y de ce pas , et ne consumons plus De temps ni de discours en débats superflus.