‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 395 sur 1093 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MATAMORE, CLINDOR

MATAMORE

Respect de ma maîtresse , incommode vertu , Tyran de ma vaillance, à quoi me réduis-tu? Que n'ai-je eu cent rivaux en la place d'un père , Sur qui , sans t'offenser, laisser choir ma colère ! Ah ! visible démon , vieux spectre décharné, Vrai suppôt de Satan, médaille de damné, Tu m'oses donc bannir, et même avec menaces , Moi , de qui tous les rois briguent les bonnes grâces ?

CLINDOR

Tandis qu'il est dehors, allez, dès aujourd'hui , Causer de vos amours , et vous moquer de lui.

MATAMORE

Cadédiou! ses valets feraient quelque insolence.

CLINDOR

Ce fer a trop de quoi dompter leur violence.

MATAMORE

Oui , mais les feux qu'il jette en sortant de prison Auraient en un moment embrasé la maison , Dévoré tout à l'heure ardoises et gouttières , Faîtes, lattes, chevrons, montants, courbes, fdières, Entre-toises, sommiers, colonnes, soliveaux, Parues , soles , appuis , jambages , travetaux , Portes, grilles, verroux, serrures, tuiles, pierres. Plomb, fer, plâtre, ciment, peinture, marbre, verres, Caves , puits , cours , perrons , salles , chambres , gre- Offices , cabinets , terrasses , escaliers. [niers ,

Juge un peu quel désordre aux yeux de ma charmeuse ; Ces feux étoufferaient son ardeur amoureuse. Va lui parler pour moi , toi qui n'es pas vaillant; Tu puniras à moins un valet insolent.

CLINDOR

C'est m'exposer...

MATAMORE

Adieu : je vois ouvrir laporlo, Et crains que sans respect cette canaille sorte.

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