‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 428 sur 1093 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CHIMÈNE, ELVIRE

CRIMÈNE.

Elvire, m'as-tu fait un rapport bien sincère.' Ne d(^uises-tu rien de ce qu'a dit mon père?

ELVIRE

Tous mes sens à moi-même en sont encor charmes :

Il estime Rodrigue autant que vous l'aimez ;

Et si je ne m'abuse à lire dans son âme,

il vous commandera de répondre à sa flamme.

CHIMÈNE

pis-moi donc, je te prie, une seconde fois

Ce qui te fait juger qu'il approuve mon choix ; [dre ;

Apprends-moi de nouveau quel espoir j'en dois pren-

Un si charmant discours ne se peut trop entendre;

Tu ne peux trop promettre aux feux de notre amour

I>a douce liberté de se montrer au jour.

Que t'a-t-il répondu sur la secrète brigue

Que font auprès de toi don Sanche et don Rodrigue.'

N'as-tu point trop fait voir quelle inégalité

Entre ces deux amants me peuche d'un côté ?

' Remarquez que la scène est tantôt au palais du roi, tantôt dans la maison du comte de Gormas , tantôt dans la ville ; mais, xîomme je le dis ailleurs , l'unilé de lieu serait observée aux yeux des spectateurs, si on avait eu des théâtres dignes de Corneille, .semblables à celui de Vicence, qui représente une *ille, un palais, des rues, une place, etc.; car cette unité ne /consiste pas à représenter toute l'action dans un cabinet , dans une chambre, mais dans plusieurs endroits contigus que l'œil puisse apercevoir sans peine. (V.)

» Dans l'origine, le Cid portait le titre ée tragi-comédie, et s'ouvrait par une scène entre le comte de Gormas et Elvire, 4ans laquelle Corneille mettait en dialague ce que Chimène /apprend par le refit de sa suivante ; en changeant la forme de VM exposition, l'auteur donna plus de rapidité à son action. (V.)

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