‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 482 sur 1093 · HORACE, ACTE II, SCÈNE IIÎ · texte numérisé non relu

HORACE, ACTE II, SCÈNE IIÎ

î\omc, quoi qu'il on soit , ne sera point sujette Que mes derniers soupirs n'assurent ma défaite.

CURIACE

llélas ! c'est bien ici que je dois être plaint. Ce que veut mon pays , mon amitié le craint. Dures extrémités , de voir Albe asservie , Ou sa victoire au prix d'une si chère vie , Et que l'unique bien oîi tendent ses désirs S'achète seulement par vos derniers soupirs! Quels vœux puis-je former, et quel bonheur attendre? De tous les deux cotés j'ai des pleurs à répandre ; De tous les deux côtés mes désirs sont trahis.

HORACE

Quoi ! vous me pleureriez mourant pour mon pays ! Pour un cœur généreux ce trépas a des charmes ; La gloire qui le suit ne souffre point de larmes , Et je le recevrais en bénissant mon sort, Si Rome et tout l'État perdaient moins en ma mort.

CUBIACE.

A vos amis pourtant permettez de le craindre ; Dans un si beau trépas ils sont les seuls à plaindre : La gloire en est pour vous , et la perte pour eux ; Il vous fait immortel , et les rend malheureux : On perd tout quand on perd un ami si fidèle '. liais Flavian m'apporte ici quelque nouvelle.

Page 1