‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 484 sur 1093 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

HORACE, CURIACE

CUBIACE.

Que désormais le ciel , les enfers et la terre Unissent leurs fureurs à nous faire la guerre ; Que les hommes , les dieux , les démons et le sort Préparent contre nous un général effort ' : Je mets à faire pis , en l'état oi^i nous sommes , Lesort7et les démons , et les dieux, et les homme.s. Ce qu'ils ont de cruel , et d'horrible et d'affreux, L'est bien moins que l'honneur qu'on nous fait à tou'^ HOBACE. [deux.

Le sort qui de l'honneur nous ouvre la barrière Offre à notre constance une illustre matière; Il épuise sa force à former un malheur Pour mieux se mesurer avec notre valeur » ; Et comme il voit en nous des aines peu communes, Hors de l'ordre commun il nous fait des fortunes ^. Combattre un ennemi pour le salut de tous , Et contre un inconnu s'exposer seul aux coups , D'une simple vertu c'est l'effet ordinaire,

' Cet entassement , cette répétition , cette combinaison de ciel, de dieux , d'enfers, de démons, de terre , el iVhoînmrs ; (le cruel , ce horrible , iVoffreux , est, je l'avoue, bien condamnable. Cependant le dernier vers fait presque pardonner ce défaut. (V.)

^ Le sort qui veut se mesurer avec la valeur paratt bien recberché, bien peu naturel; mais que ce qui suit est admirable! (V.)

i Hors do l'ordre commun il nous f.iil des fortuiif s ,

n'est pas une expression propre. Ce mot de fortunes au pluriel ne doit jamais être employé sans épilbèle : bonnes el niauraises fortunes, fortunes divcj-ses, niais jamais des fortunes. Cependant le sens est si beau , et la poi'siea lanldi'priviléjjcs , que je nu crois lus (|u"oii puisse condaiiiiKT ec vers 'V.)

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