‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 489 sur 1093 · Mon pouvoir l'excuse à ta pntrie · texte numérisé non relu

Mon pouvoir l'excuse à ta pntrie

n'est pas français; il faut cuvera fa patrie, auprès de la patrie. (V.)

2 tU'S autre ne seraient plus soufferts, même dans le style comique. Telle est la tyrannie de l'usage; nul autre donne peut-être moins de rapidité et de force au discours. (V.)

HORACE, ACTE lî, SCÈNE VI.

CURIACE

Avant que d'être à vous je suis à mou pays.

CAMILLE

RFais te priver pour lui loi-même d'un beau-frère , Ta sœur de son mari !

cuniACE.

Telle est notre misère, Le choix d'AIbe et de Rome 6 te toute douceur Aux noms jadis si doux de beau-frère et de sœur.

CAMILLE

Tu pourras donc, cruel , me présenter sa tête. Et demander ma main pour prix de ta conquête!

CURIACE

Il n'y faut plus penser ; en l'état où je suis , Vous aimer sans espoir, c'est tout ce que je puis. Vous en pleurez, Camille?

CAMILLE

Il faut bien que je pleure :

Mon insensible amant ordonne que je meure; Kt quand Ihymun pour nous allume son flambeau , il réteint de sa main pour m'ouvrir le tombeau. Ce cœur impitoyable à ma perte s'obstine, Kt dit qu'il m'aime encore alors qu'il m'assassine.

CURIACE. [cours'!

(Jue les pleurs d'une amante ont de puissants dis- J',t qu'un bel œil est fort avec un tel secours * ! - Que mon cœur s'attendrit à cette triste vue ! " . Ma constance contre elle à regret s'évertue. ^ N'attaquez plus ma gloire avec tant de douleurs, Kt laissez-moi sauver ma vertu de vos pleurs; .Te sens qu'elle chancelle, et défend mal la place. Plus je suis votre amant, moins je suis Curiace. Faible d'avoir déjà combattu l'amitié , Vaincrait-elle à la fois l'amour et la pitié ? Allez, ne m'aimez plus, ne versez plus de larmes, Ou j'oppose l'offense à de si fortes armes; le me défendrai mieux contre votre courroux , Kt, pour le mériter, je n'ai plus d'yeux pour vous : Vengez-vous d'un ingrat, punissez un volage^.

• Roniarfiuo/. qu'on peut dire l: langage des pleurs, comme on (lit le l(ui{/ii;/c des yeux; pounjuoi? parce que les regards et les pleurs expriment le senlinient; mais on ne jieul dire le (li.ieoiirs des pleurs, parce que ce mot diseours lient au rai- .sonnemenl. Les pleurs n'ont point de discours; et, de plus, •noirdex diseours est un barbarisme. (V.)

' Ces réflexions générales font rarement un bon effet ; on sent i|ue c'est le poète qui parle; c'est à la passion du personnage à parler. Un bel œil n'est ni noble ni convenable : il n'est pas question ici de savoir si Camille a un bel œil , et si un bel a-il est fort; il s'agil de perdre une femme qu'on adore , et qu'on va épouser. Reirancliez ces quatre premiers vers, le discours en .le\ient plus rapide et plus pathétique. (V.)

< J'ose penser qu'il y a ici pinsd'artilice et de sabtilitéque de naturel. On .sent tropcpie Curiare ne parle pas sérieusemenl. Ce li ait de rhéteur retroidil ; mais Camille repond avec des seuli-

Vous ne vous montrez point sensible à cet outrage ! Je n'ai plus d'yeux pour vous, vous en avez pour moi ! En faut-il plus encor? je renonce à ma foi. Rigoureuse vertu dont je suis la victime, Ne peux-tu résister sans le secours d'un crime ?

CAMILLE

Ne fais point d'autre crime, et j'atteste les dieux Qu'au lieu de t'en haïr, je t'en aimerai mieux ; Oui , je te chérirai , tout ingrat et periide , Et cesse d'aspirer au nom de fratricide. Pourquoi suis-je Romaine, ou que n'es-tu Romain ■ Je te préparerais des lauriers de ma main ; Je t'encouragerais , au lieu de te distraire ; Et je te traiterais comme j'.i fait mon frère. Hélas ! j'étais aveugle en mes vœux aujourd'hui , J'en ai fait contre toi quand j'en ai fait pour lui. 11 revient : quel malheur, si l'amour de sa feniuie Ne peut non plus sur lui que le mien sur ton âme ' i

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