‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 497 sur 1093 · III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

III, SCÈNE IV

Que dans l'àme des rois, leurs vivantes images . De qui l'indépendante et sainte autorité Est un rayon secret de leur divinité.

JULIE

C'est vouloir sans raison vous former des obstacles Que de chercher leur voix ailleurs qu'en leurs oracles ; Et vous ne vous pouvez figurer tout perdu , Sans démentir celui qui vous fut hier rendu.

CAMILLE

Un oracle jamais ne se laisse comprendre; On l'entend d'autant moins que plus on croit l'enten- Et , loin de s'assurer sur un pareil arrêt , [dre ;

Qui n'y voit rien d'obscur doit croire que tout Test.

SABINE

Sur ce qui fait pour nous prenons plus d'assurance, Et souffrons les douceurs d'une juste espérance. Quand la faveur du ciel ouvre à demi ses bras , Qui ne s'en promet rien ne la mérite pas ; H empêche souvent qu'elle ne se déploie ; Et lorsqu'elle descend , son refus la renvoie.

CAMILLE

Le ciel agit sans nous en ces événements, Et ne les règle point dessus nos sentiments.

JULIE

ïl ne vous a fait peur que pour vous faire grâce. Adieu : je vais savoir comme enfin tout se passe » . ]\Iodérez vos frayeurs ; j'espère à mon retour Ne vous entretenir que de propos d'amour ' ; Et que nous n'emploîrons la fin de la journée Qu'aux doux préparatifs d'un heureux hyménée.

SABINE

J'ose encor l'espérer.

CAMILLE

Moi , je n'espère rien.

JULIE

L'effet vous fera voir que nous en jugeons bien.

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