‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 504 sur 1093 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

LE VIEIL HORACE, CAmLLE.

LE VIEIL HORACE

Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme 3; Qu'il me fuie ài!ég<il des frères de sa femme : Pour conserver un sang qu'il tient si précieux , Il n'a rien fait encor s'il n'évite mes yeux.

(ombenl sur chaque instant de sa vie, qui est plus haut, mais je romprai lien le cours de chaque instant de sa vie, ne peut se diifi. liicn signifie, dans ces occii&ions , fortement ou aisément ; je le punirai bien, je l'empêcherai bien. ( V. )

' Ce de la sorte est une expression du peuple, qui n'est pas ronven<ible; elle n'est pas môme française. Il faudrait de cette S'irte ou d'une telle sorte. (V.)

2 Ce dernier vers est de la plus grande beauté; non-seulement il dit ce dont il s'agit, mais il prépare ce qui doit suivre. (V.)

3 Nous avons vu qu'il est très-extraordinaire que le père n'ait pa.s été détrompé entre le troisième et le ([uatrième acte ; qu'un vieillard de son caractère, qui a assez de force pour tuer son lils de ses propres mains, à ce qu'il dit, n'en ait pas assez pour être allé sur le champ de bataille; qu'il reste dans sa maison tandis que Rome entière est spectatrice du combat : comment souffrir qu'une suivante soit allée voir ce fameux duel, et que le vieil Horace soit demeuré chez lui? Comment ne s'est-il pas mieux informé pendant l'entre-acte? Pourquoi le pèredes Horaces ignoretil seul cequetoulRomesait? Jenesaisderéponse à cette crili- (jue, sinon que ce défautest presque excusable, puisqu'il amène (le grandes beautés. (V.)

Sabine y peut mettre ordre , ou derechef j'atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste '....

CAMILLE

Ah! mon père, prenez un plus doux sentiment ; Vous verrez Rome même en user autrement ; Et de quelque malheur que le ciel fait comblée , Excuser la vertu sous le nombre accablée.

LE VIEIL HORACE

Le jugement de Rome est peu pour mon regard ' , Camille; je suis père, et j'ai mes droits à part. Je sais trop comme agit la vertu véritable : C'est sans en triompher que le nombre l'accable; Et sa mâle vigueur, toujours en même point , Succombe sous la force, et ne lui cède point. Taisez-vous , et sachons ce que nous veut Valère.

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