CHLORIS, PHILANDRE
CHLOKIS.
Ne m'importune plus , Philandre , je t'en prie ; Me rapaiser jamais passe ton industrie.
Ton meilleur, je t'assure , est de n'y plus penser ; Tes protestations ne font que m'offenser : Savante , à mes dépens , de leur peu de durée , Je ne veux point en gage une foi parjurée , Un cœur que d'autres yeux peuvent si tôt briller, Qu'un billet supposé peut si tôt ébranler.
Ah ! ne remettez plus dedans votre mémoire
L'indigne souvenir d'une action si noire ;
Et pour rendre à jamais nos premiers vœux contents,
Etouffez l'ennemi du pardon que j'attends.
Mon crime est sans égal; mais enOn, ma chère àme...
CHLORIS
Laisse là désormais ces petits mots de flamme , Et par ces faux témoins d'un feu mal allumé Ne me reproche plus que je t'ai trop aimé.
PHILANDRE
De grâce , redonnez à l'amitié passée Le rang que je tenais dedans votre pensée. Derechef, ma Chloris, par ces doux entretiens , J'ar ces feux qui volaient de vos yeux dans les miens , Par ce que votre foi me permettait d'attendre....
CHLORIS
C'est où doréfiavant tu ne dois plus prétendre. Ta sottise m'instruit , et par là je vois bien Qu'un visage commun , et fait comme le mien , N'a point assez d'appas , ni de chaîne assez forte , Pour tenir en devoir un homme de ta sorte. Mélite a des attraits qui savent tout dompter; Mais elle ne pourrait qu'à peine t'arréter : Il te faut un sujet qui la passe ou l'égale; C'est en vain que vers moi ton amour se ravale ; Eais-lui , si tu m'en crois , agréer tes ardeurs. Je ne veux point devoir mon bien à ses froideurs.
PH1L\?."DRE
Ne me déguisez rien , un autre a pris ma place ;
COIIMCILLE. — TOME I.