‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 51 sur 1093 · CHLORIS, PHILANDRE · texte numérisé non relu

CHLORIS, PHILANDRE

CHLOKIS.

Ne m'importune plus , Philandre , je t'en prie ; Me rapaiser jamais passe ton industrie.

Ton meilleur, je t'assure , est de n'y plus penser ; Tes protestations ne font que m'offenser : Savante , à mes dépens , de leur peu de durée , Je ne veux point en gage une foi parjurée , Un cœur que d'autres yeux peuvent si tôt briller, Qu'un billet supposé peut si tôt ébranler.

Ah ! ne remettez plus dedans votre mémoire

L'indigne souvenir d'une action si noire ;

Et pour rendre à jamais nos premiers vœux contents,

Etouffez l'ennemi du pardon que j'attends.

Mon crime est sans égal; mais enOn, ma chère àme...

CHLORIS

Laisse là désormais ces petits mots de flamme , Et par ces faux témoins d'un feu mal allumé Ne me reproche plus que je t'ai trop aimé.

PHILANDRE

De grâce , redonnez à l'amitié passée Le rang que je tenais dedans votre pensée. Derechef, ma Chloris, par ces doux entretiens , J'ar ces feux qui volaient de vos yeux dans les miens , Par ce que votre foi me permettait d'attendre....

CHLORIS

C'est où doréfiavant tu ne dois plus prétendre. Ta sottise m'instruit , et par là je vois bien Qu'un visage commun , et fait comme le mien , N'a point assez d'appas , ni de chaîne assez forte , Pour tenir en devoir un homme de ta sorte. Mélite a des attraits qui savent tout dompter; Mais elle ne pourrait qu'à peine t'arréter : Il te faut un sujet qui la passe ou l'égale; C'est en vain que vers moi ton amour se ravale ; Eais-lui , si tu m'en crois , agréer tes ardeurs. Je ne veux point devoir mon bien à ses froideurs.

PH1L\?."DRE

Ne me déguisez rien , un autre a pris ma place ;

COIIMCILLE. — TOME I.

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