HORACE, CAMILLE, PROCULE
{ Procille porte en sa main les trois épécs des Curiaces. )
HOBACE.
Ma sœur, voici le bras qui venge nos deux fi ères ^ , Le bras qui rompt le cours de nos destins contraires, Qui nous rend maîtres d'Albe ; enfin \o'n:\ le bras Qui seul fait aujourd'hui le sort de deux États ; Vois ces marquesd'honneur, ces témoins de ma gloire, Et rends ce que tu dois à l'heur de ma victoire.
CAMILLE
Recevez donc mes pleurs, c'est ce que je lui dois.
' Ce (lér/énérons , mon cœur, celte résolution de se mettre rii colère, ce long discours, celle nouvelle sentence mal ex prinifc, que c'est gloire de passer pour un aeur ahaitu , enliii tout refroidit , loul glace le lecteur, qui ne soubaite plus rien. Osl , encore une fois , la faule du sujet. L'aventure des Horares , des Curiaces el de Camille, est plus propre en effet pour l'histoire que pour le théâtre. On ne peut trop honorer Corneille, (|ui a senti ce défaut, el qui en parle dans sou Examen avec la candeur d'un grand homme. (V.)
' Préparons-nous augmente encore le défaut. On voit ane femme qui s'étudie à montrer son affliclion, qui répèle, pour ainsi dire, sa leçon de douleur. (V.)
3 Ce n'est plus là l'Horace du second acte. Ce hras trois foi.s répété , el cet ordre de rendre ce qu'on doit à l'heur de sa victoire, témoignent, ce semble , plus de vanité que de grandeur; il ne devrait parler à sa sœur que pour la consoler , ou plutôt il n'a rien du tout à dire. Qui l'amène auprès d'elle'/ est ce à elle qu'il doit présenter les armes de ses beaux-frères? C'esl au roi, c'est au sénat assemblé qu'il devait montrer ces trophées. Les femmes ne se mêlaient de rien chez. les |)remiers Romains : ni la bienséance, ni l'humanité, ni son devoir, ne lui pcrnirllaicut de venir faire ii sa sœur une telle insulte. Il parail (pTllor/tcu pouvait déposer au moins ces dépouilles dans la maison pali ■'nelle, en atlendanlque le roi vint ; (|ue sa sœur, à cet aspect, pouvait s'abandonner à sadouleur, sans (|u'Floi-are lui d il : i',.iet le bras , et sans qu'il lui ordonnai de ne s'ciitrelcnir iairi.ii> i\\fi de .sa victoire; il semble qu'alors Camille aurait |iaru un peu plus coupable, et que l'emporlcmenl d'Horace aui.ut i u quel» que excuic (V-)