POLYEUCTE, ACTE II, SCÈNE IV
Vous voyez clairement que votre songe est v.iin ; Sévère ne vient pas la vengeance à la main.
PAULINE
Laisse-moi respirer du moins , si tu m'as plainte Au fort de ma douleur tu rappelles ma crainte; Souffre un peu de relâche à mes esprits troublés , Et ne m'accable pomt par des maux redoublés.
SIKATONICE.
Quoi ! vous craignez encor ?
Je tremble, Stratonice; Et bien que je m'effraie avec peu de justice , Cette injuste frayeur sans cesse reproduit L'image des malheurs que j'ai vus cette nuit.
STRATONICE
Sévère est généreux.
PAULINE
Rlalgré sa retenue , Polyeucte sanglant frappe toujours ma vue.
STEATONICE.
Vous voyez ce rival faire des vœux pour lui.
PAULINE
Je crois même au besoin qu'il serait son appui : ISIais , soit cette croyance ou fausse , ou véritable , Son st^our en ce lieu m'est toujours redoutable ■ ; A quoi que sa vertu puisse le disposer, Il est puissant , il m'aime , et vient pour ni'épouser.