SCÈNE PREMIERE
POLYEUCTE, CLÉON, trois autres gardes.
POLYEUCTE
Gardes , que me veut-on ?
CLÉON
Pauline vous demande.
POLYEUCTE
O présence, ô combat que surtout j'appréhende!
Félix , dans la prison j"ai triomphé de toi ,
J'ai ri de ta menace , et t'ai vu sans effroi :
Tu prends pour t'en venger de plus puissantes armes ;
Je craignais beaucoup moins tes bourreaux que ses lar-
Seigneur, qui vois ici les périls que je cours, [mes. En ce pressant besoin redouble ton secours ; Et toi qui , tout sortant encor de la victoire , Regardes mes travaux du séjour de la gloire, Cher Néarque, pour vaincre un si fort ennemi , Prête du haut du ciel la main à ton ami.
Gardes , oseriez-vous me rendre un bon office ? Non pour me dérober aux rigueurs du supplice, Ce n'est pas mon dessein qu'on me fasse évader ; Mais comme il suffira de trois à me garder, L'autre m'obligerait d'aller quérir Sévère ' ; Je crois que sans péril on peut me satisfaire : Si j'avais pu lui dire un secret important, Il vivrait plus heureux, et je mourrais content.
CLÉON
Si vous me l'ordonnez, j'y cours en diligence ».
POLYEUCTE
Sévère à mon défaut fera ta récompense.
Va, ne perds pointde temps, et reviens promptemenl.
CLÉON
Je serai de retour, seigneur, dans un moment.
• Quérir ne se dit plus. (V.)
^ Il n'e.st pas naturel que Polyeucte envoie prier Sévère de venir lui parler : il ne doit rien avoir à lui dire; mais le public ejit dans l'atlen te qu'il dira queUjue chose d'iraporlanl. On ne se doute pas <|U(! Polyeucte envoie chercher Sévère pour lui donner sa femme. (V )