POLYEUCTE, ACTE IV, SCÈNE ÎTI
Par qui les grands sont confondus ; Et les glaives qu'il tient pendus ' Sur les plus fortunés coupables Sont d'autant plus inévitables, Que leurs coups sont moins attendus.
Tigre altéré de sang, Décie impitoyable, Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens : De ton heureux destin vois la suite effroyal)le ; Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre , et ton heure est venue ;
Rien ne t'en saurait garantir ;
Et la foudre qui va partir,
Toute prête à crever la nue ,
Ke peut plus être retenue
Par l'attente du repentir.
Que cependant Félix m'immole à ta colère; Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux ; Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père , Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.
Alonde , pour moi tu n'as plus rien :
Je porte en un cœur tout chrétien
Une flamme toute divine ;
Et je ne regarde Pauline
Que comme un obstacle à mon bien.
Saintes douceurs du ciel , adorables idées , Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir : De vos sacrés attraits les âmes possédées Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir. Vous promettez beaucoup , et donnez davantage :
Vos biens ne sont point inconstants ;
Et l'heureux trépas que j'attends
Ne vous sert que d'un doux passage
Pour nous introduire au partage
Qui nous rend à jamais contents.
C'est vous , ô feu divin que rien ne peut éteindre , Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.
Je la vois : mais mon cœur, d'un saint zèle enflain- N'en goûte plus l'appas dont il était charmé ; [mé , Et mes yeux, éclairés des célestes lumières , Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières ^
• Qu'il lient stisjjendus serait mieux. Pciédus n'esl pas nfiréablL". (V.)
» C'osl (loinmnge que ce dernier mot ne soit plus d'usage que dous le burlesque. (V.)