FÉLIX , SÉVÈRE , PAULINE , ALBIN , FABIAN
SÉVÈRE
Père dénaturé , malheureux politique , Esclave ambitieux d'une peur chimérique? ;
' Ce vers est trop négligé, et n'est pns français : une barbarie qui a des matières, et matières en clic, cela est un peu barl)are. (V.)
* Pléonasme. (V.)
3 D'où sait-elle que Félix a sacrifié Polyeucle h la crainlequ'il a (le Sévère? est-ce une révélation? (V.) — D'oii elle lésait? des sentiments bas et lâches que son père lui a fait voir dans la quatrième scène du premier acte. Félix ne lui dissimule ni la peur <iu'il a de Sévère, ni le regret que lui donne celle peur de lui avoir préféré Polyeucte. Ce n'est donc pas sérieusement que Voltaire demande si elle le sait par révélation. (P.)
4 Ce miracle soudain a révolté beaucoup de gens. Quodcumf/iie ostcndis mihi sic, increduhisodi. Mais le parti'rre aimera longtemps ce prodige ; il est la récompense de la vertu de Pauline; et s'il n'est pas dans l'histoire, il convient parfaitement au tlié.àtre dans une tragédie chrétienne. (V.)
^ Tasutre en terre n'est pas français : elle veut dice, affermit Ion pouvoir sur la terre. (V.)
'' La pièce seDd)le finie quand l'olyeucle est mort. Autrefois, (luaiKJ les acteurs représentaient les Ilomains avec le chapeau fl ime cravate , Sévère arrivait le chapeau sur la tète, et Félix lécoulait chapeau bas; ce qui faisait un effet ridicule. (V. )
; D'où sait-il que F(:iix a inunole son gendre à la peur mépri-
Polyeucte est donc mort! et par vos cruautés
Vous pensez conserver vos tristes dignités !
La faveur que pour lui je vous avais offerte,
Au lieu de le sauver, précipite sa perte !
J'ai prié, menacé, mais sans vous émouvoir;
Et vous m'avez cru fourbe , ou de peu de pouvoir !
Eh bien ! à vos dépens vous verrez que Sévère
Ne se vante jamais que de ce qu'il peut faire ;
Et par votre ruine il vous fera juger
Que qui peut bien vous perdre eiU pu vous proléger.
Continuez aux dieux ce service fidèle;
Par de telles horreurs montrez-leur votre zèle.
Adieu; mais quand l'orage éclatera sur vous,
Ne doutez point du bras dont partiront les coups.
FÉLIX
Arrêtez-vous, seigneur, et d'une âme apaisée Souffrez que je vous livre une vengeance aisée. Ne me reprochez plus que par mes cruautés Je tâche à conserver mes tristes dignités ; Je dépose à vos pieds l'éclat de leur faux lustre : Celle où j'ose aspirer est d'un rang plus illustre ; Je m'y trouve forcé par un secret appas ; Je cède à des tranports que je ne connais pas ' ; Et par un mouvement que je ne puis entendre % De ina fureur je passe au zèle de mon gendre. C'est lui, n'en doutez point, dont le sang innocent Pour son persécuteur prie un Dieu tout-puissant ; Son amour épandu sur toute la famille Tire après lui le père aussi bien que la fille ^. J'en ai fait un mart)T, sa mort me fait chrétien : J'ai fait tout son bonheur, il veut faire le mien.
sable qu'il avait de Sévère? Ce Sévère ne pouvait le savoir, à moins que Polyeucte, par un second miracle, 'ne Je lui eût révélé. Le reste est fort juste et fort beau; il doit être irrité que Félix n'ait pas déféré à sa noble prière. (V.) — Voltaire retombe ici dans la même plaisanterie ou dans la même distraction. Sévère est instruit, sans miracle, des sentiments de Félix. Pauline elle-même , au quatrième acte , lui en a fait l'aveu en lui disant :
Mon père est en état de vous accorder tout :
Il vous cniint; et j'avance encor cette parole,
Que, s'il perd mon époux, c'est à VjDUS qu'il l'immole