‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 603 sur 1093 · CARDINAL MAZARIN · texte numérisé non relu

CARDINAL MAZARIN

IMOÎSSKICNKUn ,

,Io présente lo grand Pompée à votre Éniincncc, c'cslii-dirc le plus grand personnage de l'ancienne Rome an plus illustre de la nouvelle; je mets sous la protection du picniier ministre de notre jeune roi un héros qui, dans sa li->:nie fortune, fut le protecteur de beaucoup de rois, et <pii, dans sa mauvaise, eut encore des rois pour ses nilnislrcs. Il espère de la générosité de V. E. (pi'elle ne dédaignera pas de lui conserver cette seconde vie que j'ai lâché de lui redonner, et que, lui rendant cette justice qu'elle fait rendre par tout le royaume, elle le vengera |.lfineinenl de la mauvaise politique de la cour d'Egypte. Il l'espère, cl avec raison, puis(iue dans le peu de séjour qu'il a fait en France, il a déjà su de la voix puhlifjue que les maximes dont vous vous servez pour la conduite di; cet État, ne sont point fondées sur d'autres principes «pie ceux «le la vertu. Jl a su d'elle les obligations (pie vous a la France de l'avoir choisie pour votre seconde mère, qui vous est d'autant plus redevable, que les grands services que vous lui rendez sont de purs ellets de votre inclination et de voire zèle, .et non pas des devoirs de votre naissance. 11 a su d'elle (pie Rome s'est acipiillée envers notre jeime monarcpie de c(; qu'elle devait à ses prédécesseurs, par le présent (lu'elle lui a fait de votre personne. Il a su d'elle enfin (pie la solidité de votre prudence et la netteté de vos lumières enfantent des conseils si avantageux iiour le gouvernement, (pi'il semble (pie ce soit vous <i ([iii, par un esprit de prophétie, notre Virgile ait adressé ce vers il y a [ilus de seize siècles :

Tu rcgcre impcrio populos, Romane, mémento.

Voilà, MoNSKiCNEUii, ce que ce grand liommç a appris en apprenant à parler français :

Pauca, sed a pleno venienliu peclore veri. Lt comme la gloire de V. É. est assurée sur la fidélité de

' Dans la première éiii lion, cotte tragédie avait pour litre: La Vorl de Pompée ; cl c'est ainsi ({u'aujourd'hui encore on la designe ordinairement.

cette voix publique, je n'y mtMerai point la faiblesse de mes pensées, ni la rudesse de mes expressions, (jui pourraient diminuer quehpic chose de son éclat; et je n'ajouterai rien aux célèbres témoignages qu'elle vous rend, (prune profonde vénération pour les hautes qualités qui vous les ont ae([uis, avec une protestation très-sincère et très-inviolable d'être toute ma vie,

Monseigneur,

i)e votue éminence,

liC très-humble, très-obéissant, et très-lidèle serviteur,

AU LECTEUR

Si je voulais faire ici ce (pje j'ai fait en mes deux derniers ouvrages, et te donner le texio ou l'abrégé des auteurs dont cette histoire est tirée, afin (pie tu pusses remarquer en (pioi je m'en serais écarté pour l'accommoder au théâtre, je ferais un avant-propos dix fois plus long que mon poème, et j'aurais à rapporter des livres entiers de [iresque tous ceux (pii ont écrit l'histoire romaine. Je me contenterai de l'avertir que celui dont je me suis le plus servi a été le poète Liicain, dont la lecture m'a rendu si amoureux de la force de ses itens(;es et de la majesté de son raisonnement, ([u'afin d'en enrichir notre langue, j'ai fait cet effort pour réduire en poème draniatifpie ce (pi'il a traité en épique. Tu trouveras ici cent on deux cents vers traduits ou imités de lui'. J'ai tâché do suivre ce grand homme dans le reste, et de prendre son caractère quand son exemple m'a manqué : si je suis demeuré bien loin derrière, lu en jugeras. Cependant j'ai cru ne le déplaire pas de le donner ici trois passages (pii ne vieimt>nt pas mal à mon sujet. Le premier est un épitaphe' de l'oiiqu'e, prononcé par Caton dans Liicain. Les deux anlrcs sont deux peintures de Pompée et de César, tirées de Vellciiis Palei ciiliis. Je les laisse en latin, d(! peur qm; ma traduction n'()le troi) de leur grâce et de leur force. Les daines se les feront expli(iuer.

' r.'csl le hui(ièniclivi(Mle Lucain qui a fourni àCorneilleie sujet de l'ompiV. Le succès de celle tragédie détermina Urcbeuf à traduire la Pliarsa/e.

'■• Éiiiluphe était «lors du genre masculin.

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