POMPÉE, ACTE III, SCÈNE III
Une majesté douce épand sur son visage De quoi .s'assujettir le plus noble courage; Ses yeux savent ravir, son discours sait charnier ; Et si j'étais César, je la voudrais aimer.
CÉSAR
Comme a-t-elle reçu les offres de ma flamme ' ?
ANTOINE
Comme n'osant la croire, et la croyant dans l'âme ; Par un refus modeste et fait pour inviter, Elle s'en dit indigne, et la croit mériter ».
CÉSAB.
En pourrai-je être aimé ^ ?
ANTOINE
Douter qu'elle vous aime , Elle qui de vous seul attend son diadème , Qui n'espère qu'en vous ! douter de ses ardeurs. Vous qui la pouvez mettre au faîte des grandeurs ■* ! Que votre amour sans crainte à son amour prétende; Au vainqueur de Pompée il faut que tout se rende ; Et vous l'éprouverez. Elle craint toutefois L'ordinaire mépris que Rome fait des rois ; Et surtout elle craint l'amour de Calphurnie : Mais l'une et l'autre crainte à votre aspect bannie , Vous ferez succéder un espoir assez doux^ , Lorsque vous daignerez lui dire un mot pour vous.
CÉSAR
Allons donc l'affranchir de ces frivoles craintes , Lui montrer de mon cœur les sensibles atteintes ; Allons, ne tardons plus.
ANTOINE
Avant que de la voir.
Sachez que Cornélie est en votre pouvoir ; Septime vous l'amène, orgueilleux de son crime, Et pense auprès de vous se mettre en haute estime : Dès qu'ils ont abordé, vos chefs , par vous instruits , Sans leur rien témoigner, les ont ici conduits.
CÉSAR
Qu'elle entre. Ah ! l'importune et fâcheuse nouvelle'' !
fruit, 11 sait que ces fautes, comme Voltaire ne peut s'empOcher quelquefois d'en convenir, appartiennent moins à Corneille qu'à son siècle, et qu'il en est plu-sieurs, comme Voltaire \ienl aii.s.si de \(' dire, qui ne méritent guère plus d'attention (jue des fautes d'orthographe. Si le lecteur est indigné, c'est du ridicule que jette Voltaire sur Corneille, en donnant à Antoine U's noms (['entremetteur et de valet; il suflisail d'observer que celle scène n'a pas la dignité de la tragédie. (P.)
' Au moins il fallait comment a-t-elle reçu.!' (V.)
* Madrigal de comédie. (V.)
' En pourrai-je être aimé 7
est trop comique. (V.)
4 Douter de ees ariîenrs ,
Vous qui la pooTez mettre au faîte dc8 grandeurs 1
est au-dessous du style de la comédie. (V.)
'•> Il faut toujours un régime k succéder. On succède à. Tout cet endroit est mal écrit. (V.)
<"' Voici un trait de comédie qui fait un grand tort à la belle