SCÈNE U
CLÉOPÂTRE, CORNÉLIE, PHILIPPE, CflARMION.
CLÉOPÂTRE
Je ne viens pas ici pour troubler une plainte
' Ces beaux vers font un Irès-grand effet, parce que la max iin»! est courte, et qu'elle est en sentiment. Peut-être Cornélie est toujours trop occupée de rabaisser le mérite de César. Elle doit savoir ((ue César a parlé de punir le meurtre de Pompée en arrivant en Egypte , et avant que Ptolémée conspirât contre lui : mais que ne pardonne-t-on point à la veuve de Pompée gémissante! Les curieux ne seront pas faciles de savoir que Garnier avait donné les mêmes sentiments à Cornélie ; Philippe lui dit :
césar plora sa mort.
Cornélie répond :
Il plora mort celui Qu'il u'cùt voulu souffrir être vif comme lui.
' Pour qrand ne se dit ^\\is. Son péril en rabat est trop familier. (V.)
^ Parla iiiUre gâte un peu ce dernier vers. On ne dit nous cl notre, en parlant de soi, que dans un édit; et, si (Cornélie, juge César si vertueux , si généreux , il semble qu'elle aurait du souhaiter un peu moins sa mort. Elle ne parait pas toujours d'accord avec elle-même. (V.) — C'est en cela, c'est dans ces oppositions que consiste la beauté de son caractère. Elle doit tiaïr César; mais elle ne peut se dispenser de l'estimer : elle ne veut point qu'il soit , comme Pompée, la victime d'une trahison ; mais, quoiqu'il ait puni ses assassins , elle ne peut lui pardonner d'avoir causé sa mort, et surtout d'attenter à la liberté de sa patrie. (P.)
4 An point qu'il est ne se dit plus. (V. )
5 Après cette scène de Cornélie, qui est un chef-d'œuvre de. génie, on est fâché de voir celle-ci. Quand le sujet baisse , l'auteur bais.se nécessairement, et Cléopâtre n'est pas dignede parler h Cornélie. Ces scènes d'ailleurs ne servent ni au nœud ni au deuoùment; ce sont des entretiens, et non pas des scènes (V.)