‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 666 sur 1093 · CLARICE, ALCIPPE · texte numérisé non relu

CLARICE, ALCIPPE

ALCIPPE

Ah! Clarice! ah! Clarice! inconstante! volage!

CLARICE , à part, le premier vers.

Aurait-il deviné déjà ce mariage.^ Alcippe, qu'avez-vous ? qui vous fait soupirer?

ALCIPPE

Ce que j'ai , déioyale! eh! peux-tu l'ignorer? Parle à ta conscience, elle devrait t'apprendre...

CLARICE

Parlez un peu plus bas, mon père va descendre.

Ton père va descendre, âme double et sans foi ■ ! Confesse que tu n'as un père que pour moi. La nuit, sur la rivière...

CLARICE

Eh bien! sur la rivière?

La nuit! quoi? qu'est-ce entin?

ALCIPPE

Oui , la nuit tout entière.

CLARICE

Après?

ALCIPPE

Quoi! sans rougir?...

CLARICE

Rougir! à quel propos?

ALCIPPE

Tu ne meurs pas de honte, entendant ces deux mots !

CLARICE

IMourir pour les entendre! et qu'ont-ils de funeste?

» Tout cela parait choquer un peu la bienséance, mais on pardonne au temps où Corneille écrivait : on lutoyait alors an théâtre. Le tutoiement, qui rend le discours plus serré, plus vif, a souvent de la noblesse et de la foret; dans la tragédie ; on aime à voir Rodrigue et Chimène l'employer. Remarquez cependant que l'élégant Racine ne se permet guère le lutoiemenj (|ue quand un père irrité parle à son lils, ou un maiire à ini conlident, ou quand une amante emportée se plaint ;i son amant .

Je ne t'ai point aimé? Cruel , qu'ai-jc donc fait ?

Herinionc tlil :

Nedevals-tu pas lire au fond de ma pensée?

Phèdre dit :

lili bien ! connais donc l'iiédrc et toute sa tuK ur

Mais jamais Achille, Oresle, Brilannicus, elc. ne IuloienI leurs maîtresses. A plus forte raison cettemanKn'edes'exprimerdoilcllc être bannie de la comédie, tiui est la peinture de nos ma'urs. Molièn; en fait usage dans le Dépit auiournir , m.li^ il s'est ensuile corrigé lui même- (V.)

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