‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 687 sur 1093 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

DORAINTE, ALCÏPPE, CLITON.

AI.CIPPE

Je te veux , cher ami , faire part de ma joie. Je suis heureux ; mon père...

Eh bien?

AIXIPPE.

Vient d'arriver.

CLITON , à Dorante.

Cette place pour vous est commode à rêver.

mnii fa ire vertu, qnnnd il signifie /«itre ç/7e<, n'est plus d'usage; et faire vertu sur quelque chose est un barbarisme. (V )

DORANTE

Ta joie est peu conumuie, et pour revoir un père Un homme tel que nous ne se réjouit guère.

ALCIPPE

Un esprit que la joie entièrement saisit Présume qu'on l'entend au moindre mot qu'il dit. Sache donc que je touche à l'heureuse journée Qui doit avec Clarice unir ma destinée : On attendait mon père afin de tout signer.

DORANTE

C'est ce que mon esprit ne pouvait deviner; ]\Iais je m'en réjouis. Tu vas entrer chez elle?

ALCIPPE

Oui , je lui vais porter cette heureuse nouvelle ; Et je t'en ai voulu faire part en passant.

DORANTE

Tu t'acquiers d'autant plus un cœur reconnaissant. Enfin donc ton amour ne craint plus de disgrâce?

Cependant qu'au logis mon père se délasse, J'ai voulu par devoir prendre l'heure du sien.

CLITON, bas^ à Dorante.

Les gens que vous tuez se portent assez bien.

ALCIPPE

Je n'ai de part ni d'autre aucune défiance : Excuse d'un amant la juste impatience.

Adieu.

DORANTE

Le ciel te donne un hymen sans souci !

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