‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 69 sur 1093 · CLITANDRE, ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

CLITANDRE, ACTE II, SCÈNE III

Dedans mon désespoir, tout me fuit ou me nuit. La terre n'entend point la douleur qui me presse; Le ciel me persécute, et l'enfer me délaisse. Affronte-les , Pymante , et sauve en dépit d'eux Ta vie et ton honneur d'un pas si dangereux. [ me ; Si quelque espoir te reste, il n'est plus qu'en toi-mê- Et, si tu veux t'aider, ton mal n'est pas extrême. Passe pour villageois dans un lieu si fatal ; Et réservant ailleurs la mort de ton rival , Fais que d'un même habit la trompeuse apparence Qui le mit en péril te mette en assurance.

Mais ce masque l'empêche , et me vient reprocher Un crime qu'il découvre au lieu de me cacher. Ce damnable instrument de mon traître artiOce , Après mon coup manqué, n'en est plus que l'indice; Et ce fer qui tantôt , inutile en ma main. Que ma fureur jalouse avait armée en vain, Sut si mal attacjuer et plus mal me défendre, ÎS'est propre désormais qu'à me faire surprendre.

{Il jette son masque et son épée dans la grotte. ) Allez, témoins honteux de mes lâches forfaits , N'en produisez non plus de soupçons que d'effets. Ainsi n'ayant plus rien qui démente ma feinte. Dedans cette forêt je marcherai sans crainte, Tant que...

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