ACTE II, SCENE V. -il
Et je m'élonne fort comme ils n'ont dans ton ame Rétabli ta raison, ou dissipé ta flamme.
CLITANDRE
Quelques charmes secrets mêlés dans ses rigueurs Étouffent en naissant la révolte des cœurs ; Et le mien auprès d'elle, à quoi qu'il se dispose, Murmurant de son mal , en adore la cause.
FLORIDAN
Mais puisque son dédain, au lieu de te guérir. Ranime ton amour, qu'il dut faire mourir. Sers-toi de mon pouvoir; en ma faveur, la reine Tient et tiendra toujours Rosidor en haleine ; Mais son commandement dans peu, si tu le veux , Te met , à ma prière , au comble de tes vœux. Avise donc ; tu sais qu'un fils peut tout sur elle.
CLITANDRE
IMalgré tous les mépris de cette âme cruelle, Dont un autre a charmé les inclinations , J'ai toujours du respect pour ses perfections, Et je serais marri qu'aucune violence...
FLORIDAN
L'amour sur le respect emporte la balance.
CLITANDRE
Je brûle; et le bonheur de vaincre ses froideurs , Je ne le veux devoir qu'à mes vives ardeurs ; Je ne la veux gagner qu'à force de services.
FLORIDAN
Tandis , tu veux donc vivre en d'éternels supplices?
CLITANDRE
Tandis , ce m'est assez qu'un rival préféré N'obtient , non plus que moi , le succès espéré ; A la longue ennuyés , la moindre négligence Pourra de leurs esprits rompre l'intelligence ; Un temps bien pris alors me donne en un moment Ce que depuis trois ans je poursuis vainement. Mon prince, trouvez bon...
FLORIDAN
N'en dis pas davantage ; Cettui-ci qui me vient faire quelque message Apprendrait, malgré toi , l'état de tes amours.