VALENS, MARCELLE, THÉODORE, PAULIN, STÉPHANIE
MARCELLE
Ce n'est point calomnie, Seigneur, elle est chrétienne , et s'en ose vanter.
VALENS
Théodore, parlez sans vous épouvanter.
THÉODORE
Puisque je suis coupable aux yeux de l'injustice, Je fais gloire du crime, et j'aspire au supplice ; Et d'un crime si beau le supplice est si doux. Que qui peut le connaître en doit être jaloux.
VALENS
Je ne recherche plus la damnable origine De cette aveugle amour où Placide s'obstine ; Cette noire magie, ordinaire aux chrétiens. L'arrête indignement dans vos honteux liens ; Votre charme après lui se répand sur Flavie : De l'un il prend le cœur, et de l'autre la vie. Vous osez donc ainsi jusque dans ma maison. Jusque sur mes enfants verser votre poison ? Vous osez donc tous deux les prendre pour victimes ?
THÉODORE
Seigneur, il ne faut point me supposer de crimes , C'est à des faussetés sans besoin recourir; Puisque je suis chrétienne, il suffit pour mourir. Je suis prête; où faut-il que je porte ma vie? Où me veut votre haine immoler à Flavie ? Hâtez, hâtez, seigneur, ces heureux châtimonls Qui feront mes plaisirs et vos contentements.
VALENS
Ah! je rabattrai bien cette fière constance.
THÉODORE
Craindrais-jedes tourments qui font ma récompense?
VALENS
Oui, j'en sais que peut-être aisément vous craindrez, Vous en recevrez l'ordre, et vous en résoudrez.
' L'ault'ur dit, avec uno candeur digne de lui, qu'une feumie sans grande pasbion ne pouvait faire un grand effet : on ne piut saub doute s'intcresser à elle, mais on s'intéresse beaucoup nionisa Marcelle. : son caractère indigne cl son ton ironique et insultant dégoûtent. (** ^