‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 793 sur 1093 · PLACIDE, PAULIN, CLÉOBULE · texte numérisé non relu

PLACIDE, PAULIN, CLÉOBULE

PLACIDE

Eh bien ! votre parente est-elle hors de ces lieux Où l'on sacrifiait sa pudeur à nos dieux ?

CLÉOBULE

Oui, seigneur^.

PLACIDE

J'ai regret qu'un cœur si magnanime Se soit ainsi laissé prévenir par Didyme.

CLÉOBULE

J'en dois être honteux ; mais je m'étonne fort Qui vous a pu si tôt en faire le rapport : J'en croyais apporter les premières nouvelles.

PLACIDE

Grâces aux dieux, sans vous j'ai des amis fidèles. Mais ne différez plus à me la faire voir.

CLÉOBULE

Qui, seigneur?

PLACIDE

Théodore.

CLÉOBULE

Est-elle en mon pouvoir?

Ne me dites-vous pas que vous l'avez sauvée ?

CLÉOBULE

Je vous le dirais, moi , qui ne l'ai plus trouvée!

PLACIDE

Quoi ! soudain par un charme elle avait disparu?

CLÉOBULE

Puisque déjà ce bruit jusqu'à vous a couru , Vous savez que sans charme elle a fui sa disgrâce, Que je n'ai pu trouver que Didyme en sa place : Quel plaisir prenez-vous à me le déguiser ?

PLACIDE

Quel plaisir prenez-vous vous-même à m'abuser. Quand Paulin de ses yeux a vu sortir Didyme ?

' Voilà donc la gouvernante d'Anlioche cjui livre la princesse à la canaille, et la canaille se dispute à (pii l'aura; voilà un homme qui leur jette de l'argcnl pour avoir la préférence : il est vrai que c'est à bonne intention ; mais on ne peut le deviner, et cette bonne intention est un ridicule de pins. On a osé nommer tragédie cet étiange ouvrage, parce (|u'il y a du sang répandu à la lin. Comment osons-nous, après cela, condanmer les pièces de Lopede VegaetdeSliakspeare?INe vaut-il pas mieux nian- (juer à toutes les unités , (|ue de manquer à "toutes les bienséances, et d'èlre à la fois froid et dégoûtant? (V.)

= Onnevoiticiquel'apparencedela prostitution : l'apparence est trompeuse ; mais cela ressemble à ces énigmes dont les vers annoncent une ordure , et dont le mol est honnête : jeu de l'esprit honteux, et lait pour la populace. (V.)

Page 1