CLÉOBULE, DIDYME, PAULIN
CLÉOBULE
Ce n'est point, cher ami , le cœur troublé d'alarmes Que je t'attends ici pour te donner des larmes; Un astre plus bénin vient d'éclairer tes jours : Il faut vivre, Didyme, il faut vivre.
BIDVME.
Et j'y cours.
Pour la cause de Dieu s'offrir en SQcriflce, C'est courir à la vie, et non pas au supplice.
CLÉOBULE
Peut-être dans ta secte est-ce une vision ; i\Iais l'heur que je t'apporte est sans illusion. Théodore est à toi : ce dernier témoignage Et de ta passion et de ton grand courage A si bien en amour changé tous ses mépris. Qu'elle t'attend chez moi pour t'en donner le prix.
DIDYME
Que me sert son amour et sa reconnaissance , Alors que leur effet n'est plus en sa puissance? Et qui t'amène ici par ce frivole attrait Aux douceurs de ma mort mêler un vain regret , Empêcher que ma joie à mon heur ne réponde , Et m' arracher encore un regard vers le monde? Ainsi donc Théodore est cruelle à mon sort Jusqu'à persécuter et ma vie et ma mort ; Dans sa haine et sa flamme également à craindre , Et moi dans l'une et l'autre également à plaindre!
CLÉOBULE
Ne te figure point d'impossibilité
Où tu fais , si tu veux , trop de facilité .
Où tu n'as qu'à te faire un moment do contrainte ;