SCÈNE II
y^NTIOCHUS,
Les plus doux de mes vœu.< enfin sont exaucés. Tu viens de vaincre , amour ; mais ce n'est pas assez ; Si tu veux triompber en cette conjoncture , Après avoir vaincu , fais vaincre la nature ; Et prête-lui pour nous ces tendres sentiments Que ton ardeur inspire aux coeurs des vrais amants , Cette pitié qui force, et ces dignes faiblesses Dont la vigueur détruit les fureurs vengeresses; . Voici la reine. Am.:.ur, nature , justes dieux , Faites-la-moi flécbir, ou mourif à ses yeux 5.
lui est soumise, l^t qu'est-ce qu'un secret ^ui f-iit rcgun? (V ) ' 11 est assurément Impossible de mourir aliligé el coulent.
(V.) ^ Voilà encore Rodogune qui se recueille pour dire ;ju'ello
est troublée, (jui fait n\w pau.se pour dii'e qu'elle se confond
Toujoui's celle î;i'ossière linesse, toujours cet art (|ui manipi^'
d'art. (V.)
3 Si vous n'itcs Ingrat ù ce cœur qui vous aime
u'.'st pjs fr/ineais; on dit : ingrat cnvcra quelqu'un, el non iii'jral à quelqu'un, .l'ai d<''jà remarqué ailleurs qn'ingnil visii iVi f/c quelqu'un est une de ces mauvaises expressions (pt'on a mises à la mode dei)uis (pieique temps. PiVSij.ije perso.iue ;i3 s'étudie à bien parler sa langue. (V.)
4 Ne me revoyez point qu'avec le diadème
n'est ]»as franr;ais; il faut : ne me revoyez qu'avec.
'•> Tout cela ressemble à des stances de lioisroberl , ot'i les \rais .-uiiants riîvieinieni à tout propos. — Poin-quoi Rodrigue et Cliiniène parli'nt-its si bien, el Aniioehus et Rodoginie si mal".' c'est ()ui^ l'amour de Chimène est xc'rilalilemenl tragi(pie, el ([Ui' '•••lui de Uodognne et d'ATilioclius ne l'est point du toul , c'e.st un amoiu' froid dans un sujet terrible. (V.)