‹ uvres complètes de P. Corneille (volume 2)Chapitre 845 sur 1093 · ACTE I, SCENE H · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE H

L'emporte à tous moment s a braver ma puissanci' '. Sa mère , que longtemps je voulus épargner. Et qu'en vain par douceur j'espérai de gagner, L'a de la sorte instruite ; et ce que je vois suivre Me punit bien du trop que je la laissai vivrez

CRISPE

Il faut agir de force avec de tels esprits ^ , Seigneur; et qui les llatte endurcit leurs mépris : La violence est juste où la douceur est vaine.

PHOCAS

C'est par là qu'aujourd'hui je veux dompter sa haine. Je l'ai mandée exprès , non plus pour la flatter. Mais pour prendre mon ordre et pour l'exécuter <.

CRISPE

Elle entre.

/rein à (a fureur des flots , etc. de. ? Il faudrait transcrire tout Racine et tout Boileau , si l'on voulait épuiser toutes les métaphores hardies dont leur poésie est animée, et que pourtant aucun peintre n'entreprendrait de peindre. Molière, la Fontaine lui-même , en sont pleins ; et Voltaire , quoiqu'il n'ait que médiocrement enrichi la langue poétique, en offrirait en foule : comment donc a-t-il pu se permettre ce paradoxe insoutenable? Il est , nous le répétons , des métaphores vicieuses , et l'on pourrait en citer quelques-unes dans nos mcilkmrs poètes. Telle est celle-ci , par exemple , empruntée d'une des plus belles tragédies de Voltaire :

Nous préserve le ciel de ce funeste abas , Berceau de la mollesse , et tombeau des vertus 1

Un abus qui se trouve berceau et tombeau , dans le même vers , est évidemment une figure que le bon goùl rt'prouve. Il en serait de même de ce compliment si déplacé de Polyphonie à Mérope :

Je sais que vos appas, encor dans leur printemps, Pourraient s'effaroucher de Thiverde mes ans.

Certainement aucun peintre ne pourrait représenter ces jeunes appas (|ui s'effarouchent d'uu hiver; mais ce n'est point là le vice de cette métaphore, c'est qu'elle est pleine de recherche el d'affectation. Nous ne nous arrêterons donc plus ni à cette singulière imagination , que Voltaire renouvelle de temps en temps, ni à son idée, non moins étrange, d'essayer les vers en les mettant au creuset de la prose. Ces deux paradoxes auraient pu déshonorer son comnienlaire, s'il n'était rempli d'ailleurs de remarques très-précieuses, et sur le caractère particulier du génie de (Corneille , et sur l'art de latragédie. (P.)

' On ne peut dire (|u'un honune serait demeuré mort si on ne l'avait secouru. Ces mots, demeuré mort, signifient qu'il était mort en effet. On peut bien dire qu'on demeurerait estropié, parce qu'un estropié peut guérir; qu'on demeurerait prisonnier, parcequ'un prisonnier peut être délivré : mais non pas qu'on demeurerait mort, parce qu'un mort ne ressuscite pas. (V.)

^ On a déjà repris ailleurs cette expression , tirer l'amour : on ne tire l'amour chez personne. (V.)

' Tout me devient contraire pour en voir l'effet n'est pas Irançais, c'est un solécisme. (V.)

4 Kt les aversions entre eux deux nuiluclles Les font d'intcUlgcnce à se montrer rebelles ,

n'est pas français. Des aversions qui font d'inteUinence! (lue de barbarismes! (V.)

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